L'ancien diplomate tunisien Ahmed Ounaies a dressé un bilan mitigé de la participation de la Tunisie à la 81e Assemblée générale des Nations Unies, qui s'est tenue à New York. Selon lui, la Tunisie a défendu des priorités "fortes et justes" sur la scène onusienne, mais a omis d'aborder la crise que traverse le Maghreb. Cette omission a été jugée regrettable par Ahmed Ounaies, qui considère que la question maghrébine aurait mérité d'être évoquée.

La participation tunisienne à l'Assemblée générale a été marquée par deux grands axes, selon Ahmed Ounaies. Le premier concerne la question palestinienne, à laquelle la Tunisie a accordé une place centrale, en insistant sur le droit du peuple palestinien à l'autodétermination et sur le statut de Jérusalem. Le second axe concerne les enjeux économiques et multilatéraux, tels que le droit au développement, la coopération multilatérale, l'endettement et la réforme de la gouvernance économique internationale.

Ahmed Ounaies a critiqué les conditions d'accès à l'Assemblée générale, notamment les restrictions de visas imposées par les États-Unis, pays hôte. Il a jugé problématiques ces restrictions lorsqu'elles empêchent des représentants de participer pleinement aux travaux de l'organisation. Il a cité le cas des représentants palestiniens, ainsi que le refus d'un visa opposé à un responsable iranien.

L'ancien diplomate a également abordé la succession du secrétaire général des Nations Unies, estimant qu'elle aurait dû faire l'objet d'un travail plus approfondi et de consultations préalables entre États. Il a défendu une double évolution pour ce poste : qu'il soit occupé, pour la première fois, par une femme, et que celle-ci soit africaine.

Ahmed Ounaies a dressé un bilan globalement positif de la participation tunisienne, sur la Palestine, la dette, le développement et la réforme de la gouvernance économique mondiale. Cependant, il a exprimé une réserve politique claire : la tribune de New York aurait aussi pu être l'occasion d'évoquer la crise maghrébine.

La crise maghrébine traverse actuellement une phase difficile, avec des tensions entre les pays de la région. Ahmed Ounaies a considéré que cette crise aurait mérité d'être abordée à l'Assemblée générale, ne serait-ce que brièvement. Il a situé ce constat dans un cadre plus large, avec trois foyers de tensions traversant le monde arabe et son voisinage.

Au final, la participation tunisienne à l'Assemblée générale de l'ONU a été marquée par des priorités "fortes et justes" mais également par un silence sur la crise maghrébine. Les autorités tunisiennes ont privilégié les questions palestiniennes et économiques, mais ont omis d'aborder la crise régionale.

Key points

  • La Tunisie a omis d'aborder la crise maghrébine à l'Assemblée générale de l'ONU.
  • La participation tunisienne a été marquée par des priorités "fortes et justes" sur la scène onusienne.
  • Ahmed Ounaies a critiqué les conditions d'accès à l'Assemblée générale et a défendu une double évolution pour le poste de secrétaire général des Nations Unies.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.