En Guinée, la prison est souvent considérée comme un lieu de relégation, mais la finalité ultime de l'incarcération devrait être la réinsertion. Le Chef de l'État a décidé d'accorder une grâce présidentielle à certains détenus, assortie d'un parcours de réinsertion et d'éducation civique en milieu militaire. Cette décision vise à offrir une seconde chance aux détenus présentant des gages sérieux d'amendement.

La grâce présidentielle est un instrument constitutionnel et régalien qui ne doit pas être perçue uniquement comme une mesure de clémence ponctuelle, mais comme un levier stratégique de régulation démographique des maisons d'arrêt. En désengorgeant des structures souvent surpeuplées, elle permet d'atténuer les conditions de détention indignes et d'offrir une perspective claire de sortie par le haut.

L'expert et activiste des droits de l'homme, ayant exercé des fonctions au sein des administrations en France et en Guinée, estime que la réinsertion ne peut être un simple slogan, mais qu'elle constitue le cœur battant de toute politique pénitentiaire digne de ce nom. Il propose d'éclairer le grand public et le ministère en charge de la Justice sur les modalités de réinsertion consécutives à une grâce.

L'institution militaire peut mettre son expertise de la discipline et de l'organisation au service de la nation, à travers l'Agence du Service Civique et d'Action pour le Développement (ASCAD), pour porter des programmes audacieux de réinsertion destinés aux détenus éligibles. L'idée d'une rééducation en milieu militaire s'avère pleinement envisageable et pertinente lorsqu'elle est pensée comme un cadre d'encadrement civique et structurant.

Le ministère de la Justice peut activement faire appel à l'ASCAD pour concevoir et mener des actions de réinsertion adaptées aux détenus éligibles. En s'appuyant sur les missions de cette agence, il devient possible d'instaurer un véritable pont institutionnel permettant d'accompagner ces personnes vers des programmes de formation civique, technique et professionnelle.

Le rapport de référence intitulé "La Guinée face à ses prisons", rédigé en 2014, démontre que la réinsertion n'est pas une option ou un supplément d'âme accordé aux détenus, c'est l'une des missions essentielles et fondamentales de l'administration pénitentiaire. La réinsertion ne peut être un simple slogan, mais qu'elle constitue le cœur battant de toute politique pénitentiaire digne de ce nom.

Pour qu'une politique de resocialisation réussisse, le ministère de la Justice doit doter l'administration pénitentiaire des leviers nécessaires, à savoir la professionnalisation du personnel, une formation rigoureuse, la structuration de départements d'insertion intégrant en permanence des éducateurs, des travailleurs sociaux, des psychologues et des formateurs civils.

Key points

  • La Guinée mise sur la réinsertion des détenus avec une grâce présidentielle et un parcours de réinsertion en milieu militaire.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.