Le Cameroun a lancé sa Stratégie nationale d'intelligence artificielle pour encadrer l'essor de cette technologie et stimuler la compétitivité. Les objectifs sont ambitieux : former 60 000 talents, créer 12 000 emplois directs et contribuer à hauteur de 0,8 % à 1,2 % du PIB. L'intelligence artificielle est appelée à optimiser les rendements productifs et à transformer des filières essentielles pour l'économie réelle. Le gouvernement vise également la modernisation de l'État.

Des initiatives comme le projet GOV-AI visent à transformer numériquement l'administration publique, à traiter les archives et à accroître l'efficacité de l'action publique. Les start-ups locales et l'écosystème numérique s'emparent de l'intelligence artificielle pour diversifier les services financiers, la santé et l'éducation. Cependant, l'enthousiasme technologique ne doit pas faire oublier une réalité capitale : sans régulation ni contrôle rigoureuse, une technologie puissante devient un facteur de risque majeur.

La démocratisation des outils basés sur l'intelligence artificielle générative soulève des défis immédiats. L'un des plus prégnants étant que l'utilisateur dispose en soi d'un minimum d'intelligence. Car, l'utilisation de l'intelligence artificielle sans intelligence abrutit plus qu'elle n'inspire. La désinformation et la manipulation sociale ont atteint une proportion dangereuse, à cause de l'intelligence artificielle.

La création de fausses images et de faux audios constitue une menace pour la cohésion sociale et la stabilité de la parole publique. Les hommes politiques et acteurs de la scène publique sont victimes de harcèlement cybernétique et d'attaques cybercriminelles, à cause des moyens nocifs et dolosifs mis sur pied par l'intelligence artificielle. La protection de la vie privée et la souveraineté des données se dégage comme un autre défi majeur.

La majorité des algorithmes tournent sur des serveurs étrangers, posant un risque d'ingérence et de fuite massive d'informations sensibles relatives aux citoyens. Il est important de renforcer le dispositif de régulation et d'encadrement pour éviter les dérives. Le Cameroun doit instaurer du contrôle sans paralyser la création.

Les experts relèvent que les algorithmes modélisés sur des réalités occidentales ou asiatiques ne traduisent ni les réalités socioculturelles ni les spécificités linguistiques du Cameroun, risquant d'accentuer la marginalisation de certaines populations. Il est donc crucial de prendre en compte ces réalités pour éviter les biais algorithmiques.

En fin de compte, l'intelligence artificielle peut être un outil puissant pour le développement du Cameroun, mais il est essentiel de l'utiliser de manière responsable et contrôlée. Le gouvernement et les acteurs de la société civile doivent travailler ensemble pour instaurer un cadre réglementaire qui permette de maximiser les avantages de l'intelligence artificielle tout en minimisant les risques.

Key points

  • Le Cameroun vise à former 60 000 talents et à créer 12 000 emplois directs grâce à l'intelligence artificielle.
  • La protection de la vie privée et la souveraineté des données sont des défis majeurs pour l'intelligence artificielle au Cameroun.
  • Le Cameroun doit instaurer un contrôle rigoureux de l'intelligence artificielle pour éviter les dérives.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.