Simla Kistnen, veuve de Soopramanien Kistnen, continue de réclamer la vérité sur la mort de son époux, six ans après les faits. Son mari, retrouvé mort dans un champ de cannes à Telfair, à Moka, le 18 octobre 2020, était au centre d'une affaire qui a tenu le pays en haleine. Les circonstances de sa mort ont suscité de nombreuses interrogations, notamment en raison de contrats publics pendant la pandémie de Covid-19, l'affaire du Constituency Clerk et les Kistnen Papers.
Selon Simla Kistnen, plusieurs personnalités politiques, dont les trois élus de la circonscription numéro 8, lui ont rendu visite avant les élections de novembre 2024. Ils ont promis de faire avancer l'enquête une fois au pouvoir. Cependant, depuis le scrutin, elle affirme ne plus bénéficier de la même attention. "Aujourd'hui, je me retrouve seule. Avant les élections, ils étaient tous là. Les politiciens sont venus me voir et m'ont promis qu'une fois au pouvoir, ils feraient avancer l'enquête. Mais aujourd'hui, je n'ai plus rien obtenu", déplore-t-elle.
Simla Kistnen estime que le drame qu'elle a vécu a été utilisé politiquement pendant la campagne électorale. Elle regrette d'avoir assisté à des meetings et des réunions politiques où les photos de son mari étaient affichées. "Je me demande : 'À quoi tout cela a-t-il servi ?' À rien. Je suis allée de Montagne-Ory à Flacq pour assister à leurs meetings et à leurs réunions, mais au final, ils n'ont rien fait pour moi", soutient-elle.
Le gouvernement a relancé l'enquête avec l'appui d'experts britanniques de Scotland Yard. Cette nouvelle étape devait permettre de réexaminer certains éléments du dossier et de revenir sur les failles relevées dans les premières investigations. Mais pour Simla Kistnen, les annonces ne répondent pas à toutes ses questions. Elle affirme ne pas savoir précisément où en est l'enquête ni quelles sont les avancées réalisées depuis sa relance.
Simla Kistnen a sollicité une rencontre avec le Premier ministre, par l'intermédiaire d'un conseiller. Selon elle, plusieurs mois se sont écoulés sans qu'elle obtienne de réponse à sa demande. Elle dit attendre depuis trois à quatre mois un retour concernant cette rencontre. "J'ai essayé d'obtenir un rendez-vous avec le Premier ministre. J'ai appelé son conseiller, qui m'a dit qu'il me tiendrait au courant. Mais cela fait maintenant trois ou quatre mois que j'attends", avance-t-elle.
Six ans après la découverte du corps de Soopramanien Kistnen, les questions restent nombreuses. L'enquête judiciaire a mis en évidence des éléments graves et recommandé d'approfondir plusieurs pistes. La reprise des investigations, avec l'appui de Scotland Yard, ravive l'espoir de voir le dossier progresser. Mais pour Simla Kistnen, le temps passe sans que les réponses attendues n'arrivent.
Simla Kistnen souhaite que justice soit faite et que la vérité soit établie sur la mort de son époux. "J'aurais voulu dire au Premier ministre : 'Voyez où en est l'enquête, car j'attends toujours.' J'espère qu'elle ne va pas durer jusqu'en 2029 ou 2030. Moi aussi, je veux connaître la vérité et que justice soit faite", conclut-elle.
Key points
- Les politiciens ont exploité la souffrance de Simla Kistnen pour gagner les élections.
- Le gouvernement a relancé l'enquête avec l'appui d'experts britanniques de Scotland Yard.
- Simla Kistnen attend toujours des réponses sur la mort de son époux.