La Société financière internationale (IFC), bras du Groupe de la Banque mondiale dédié au secteur privé, a annoncé son objectif d'attirer au moins 300 millions de dollars d'investissements en Tunisie en 2026. Ces investissements seront principalement orientés vers les secteurs de l'énergie, de l'industrie manufacturière et de l'agrobusiness. L'IFC estime que la Tunisie dispose d'atouts réels pour relancer sa dynamique d'investissement, malgré les crises successives qui ont marqué son économie.

Selon Ary Naïm, directeur de division de l'IFC pour l'Afrique du Nord et la Corne de l'Afrique, la qualité du capital humain, la position géographique de la Tunisie et les perspectives offertes par les marchés régionaux sont autant d'atouts qui pourraient contribuer à attirer les investisseurs. L'IFC dispose actuellement d'environ 100 millions de dollars d'investissements en portefeuille actif en Tunisie, auxquels s'ajoutent près de 300 millions de dollars de projets dans son portefeuille prévisionnel pour l'année.

L'objectif de l'IFC est de contribuer à transformer les potentialités du pays en investissements productifs, susceptibles de soutenir la croissance et la création d'emplois. Ary Naïm souligne toutefois que le principal obstacle réside moins dans l'absence d'opportunités que dans la prudence des investisseurs, alimentée par les épisodes économiques difficiles traversés par le pays. Il estime nécessaire d'envoyer des signaux plus forts sur la volonté de la Tunisie d'accueillir les capitaux privés, tunisiens comme étrangers.

Le Plan national de développement, qui prévoit environ 35 milliards de dollars d'investissements sur cinq ans, constitue un signal important. Près de 10 % des investissements envisagés devraient être réalisés dans le cadre de partenariats public-privé (PPP). Ary Naïm insiste sur la nécessité d'accélérer les procédures et de simplifier les démarches administratives auxquelles sont confrontées les entreprises.

La modernisation de l'administration, notamment grâce à la digitalisation des services publics, figure également parmi les leviers susceptibles d'améliorer l'environnement des affaires et de faciliter la réalisation des projets. Pour Ary Naïm, la confiance se construira avant tout à travers des résultats tangibles. Il cite notamment l'exemple de Marquardt Tunisie, dont le financement de 60 millions de dollars doit accompagner l'expansion des activités et permettre la création de 1 000 à 1 500 emplois supplémentaires.

Au-delà des financements, Ary Naïm plaide pour un dialogue public-privé plus approfondi et mieux structuré. La capacité des différents acteurs à travailler ensemble et à transformer les ambitions économiques en projets effectivement réalisés sera déterminante pour renforcer l'attractivité du pays. L'IFC est convaincue que son soutien à la Tunisie sera fortement axé sur l'investissement à l'avenir.

L'IFC et la Tunisie devront travailler ensemble pour concrétiser les engagements annoncés et atteindre les objectifs fixés. La mise en œuvre effective des projets et la création d'emplois seront les indicateurs clés de succès. L'enjeu reste de taille, mais les perspectives offertes par la Tunisie sont réelles et l'IFC est prête à accompagner le pays dans cette démarche.

Key points

  • L'IFC vise au moins 300 millions de dollars d'investissements en Tunisie en 2026.
  • La modernisation de l'administration et la digitalisation des services publics sont essentielles pour améliorer l'environnement des affaires.
  • Le dialogue public-privé est crucial pour transformer les ambitions économiques en projets effectivement réalisés.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.