Le troisième Symposium international consacré à l'héritage de Mgr Christophe Munzihirwa s'est achevé le 31 octobre 2026 à Lubumbashi. Organisé par le Centre Arrupe pour la Recherche et la Formation (CARF) et ses partenaires, cet événement a réuni universitaires, chercheurs et acteurs sociaux pour réfléchir à la manière de faire de la mémoire du prélat un engagement concret pour la paix, la justice et le vivre-ensemble en République démocratique du Congo.
Mgr Munzihirwa, ancien archevêque de Bukavu, a été assassiné il y a trente ans. Pour le père Toussaint Kafarhire, directeur du CARF, l'héritage du prélat dépasse le cadre des commémorations. Il a rappelé que Mgr Munzihirwa était un défenseur de la dignité humaine, indépendamment des origines ethniques ou du statut social. Le religieux jésuite a souligné que la conviction de l'archevêque en faveur de la valeur de chaque vie humaine conserve une résonance particulière dans un pays où les populations civiles continuent de payer le prix des affrontements et de l'insécurité.
Les réflexions menées à Lubumbashi ont également placé la responsabilité des dirigeants et la lutte contre l'impunité au cœur des enjeux de la paix. Le père Kafarhire a dénoncé l'impunité, les abus de pouvoir et l'absence de contrôle comme des facteurs qui détruisent le pays. Il a rejoint les mises en garde formulées autrefois par Mgr Munzihirwa, qui dénonçait les ennemis de la patrie, qu'il s'agisse de soldats étrangers ou d'enfants du pays qui ne font pas leur devoir.
La place des femmes et des jeunes dans la reconstruction du tissu social a constitué un autre axe des échanges. Les participants ont exploré les questions de résilience communautaire, de justice transitionnelle et de redevabilité, dans la perspective d'un pacte social fondé sur la dignité et le vivre-ensemble. Le directeur du CARF a insisté sur l'importance d'écouter, de respecter et d'impliquer pleinement les femmes dans le développement de la société.
Les conséquences humaines des conflits ont été au cœur des discussions. Les participants ont cherché à comprendre comment faire de la mémoire de Mgr Munzihirwa une source d'engagement pour la paix en RDC. Ils ont souligné que la fidélité à sa mémoire ne se mesurera pas à la solennité des hommages ou au nombre de symposiums organisés, mais à la capacité des institutions à protéger les populations, à combattre l'impunité et à faire prévaloir le bien commun.
L'héritage de Mgr Munzihirwa renvoie la RDC à une contradiction persistante : célébrer un homme assassiné pour son engagement en faveur de la paix, tandis que les violences qu'il dénonçait continuent d'endeuiller des familles congolaises. Le prélat avait affirmé que toucher à la paix, c'est toucher à Dieu. Trente ans après sa mort, la portée de cet avertissement demeure entière.
Les participants au symposium ont appelé à briser le cycle de la violence en RDC. Ils ont souligné que la paix durable ne saurait se limiter aux négociations politiques et aux accords diplomatiques sans associer les communautés directement affectées par les violences.
Key points
- Les participants au symposium ont insisté sur l'importance de la lutte contre l'impunité et la responsabilité des dirigeants pour instaurer la paix en RDC.