À quelques jours de la rentrée scolaire, le recrutement des enseignants contractuels ravive les tensions entre l'Intersyndicale de l'Éducation et le gouvernement guinéen. Les syndicats estiment que l'organisation d'un concours pour les enseignants concernés serait contraire aux engagements pris par le gouvernement. Ils réclament une prise en compte des contractuels dans le processus d'engagement sans leur imposer une nouvelle épreuve de sélection.
L'article 7 du protocole d'accord du 3 janvier 2026 porte sur « l'engagement des enseignants contractuels non retenus et ceux de la zone spéciale de Conakry ». Il prévoit la mise en place d'une commission réunissant des représentants des ministères chargés de la Fonction publique, de l'Enseignement pré-universitaire ainsi que de l'Intersyndicale de l'Éducation. Cette commission doit recevoir et examiner les listes des enseignants contractuels ayant effectué la biométrie et participé aux évaluations pratiques de classe.
Le texte précise que « la situation des enseignants ayant obtenu la moyenne à cette évaluation sera mise en priorité au prochain engagement ». Cette formulation établit une priorité dans le cadre d'un prochain engagement, mais ne mentionne ni intégration automatique dans la Fonction publique, ni recrutement sans procédure de sélection. La disposition concernant les contractuels de Conakry est encore plus explicite, invitant les intéressés « à se préparer pour les prochains concours/pratique de classe ».
Le terme « concours » apparaît expressément dans le document signé par les parties. La priorité annoncée porte sur « l'enregistrement » et non sur une dispense de l'épreuve. Autrement dit, le protocole distingue clairement deux notions : la priorité accordée aux enseignants concernés et la participation aux prochains concours ou pratiques de classe.
L'Intersyndicale et le gouvernement ont des interprétations différentes du contenu de l'accord. Pour l'Intersyndicale, les engagements pris en janvier devraient conduire à une prise en compte particulière des enseignants contractuels concernés. Pour les autorités, la priorité prévue par l'accord ne supprimerait pas le principe du concours.
Le gouvernement défend le principe d'un recrutement encadré par des procédures communes, au nom de l'équité, de la transparence et de la régularité administrative. L'Exécutif met également en avant plusieurs mesures déjà prises en faveur des enseignants et des agents publics, notamment la revalorisation de certaines primes et la mise en place de la couverture médicale.
Alors que la rentrée scolaire approche, les autorités ne semblent pas vouloir renoncer à l'organisation du concours annoncé. Une source gouvernementale réaffirme cette position : « Le concours aura bel et bien lieu. À ce jour, l'ensemble des points des protocoles d'accord est scrupuleusement respecté ».
Key points
- Le protocole d'accord du 3 janvier 2026 accorde une priorité aux enseignants contractuels concernés.
- Le gouvernement et l'Intersyndicale de l'Éducation ont des interprétations différentes du contenu de l'accord.
- Le concours pour le recrutement des enseignants contractuels aura lieu.