L'ouvrage "Mort en Exercice à Makal'art : récit de la prison" de l'écrivain Niamba Malafi a été présenté vendredi à l'Agence congolaise de presse (ACP). Ce livre explore l'univers carcéral en République démocratique du Congo (RDC) à travers les thèmes de l'injustice, de la dignité et de la résistance. Selon l'auteur, ce livre est né d'une nécessité de témoigner sur une expérience qui dépasse sa propre personne.

L'auteur a indiqué que la prison centrale de Makala a été choisie comme cadre de son récit en raison des histoires humaines, des souffrances et des résistances qu'elle représente. Pour lui, Makala n'est pas seulement un décor, mais presque un personnage à part entière. Il a voulu regarder ce qui se passe derrière les murs de la prison et ce que les hommes continuent à préserver malgré la privation de liberté.

À travers le personnage de Monsieur Culturel, arrêté après avoir dénoncé une injustice, l'écrivain a voulu interroger les conséquences de la prise de parole face à ce qui est considéré comme une injustice. Il a relevé que Monsieur Culturel représente une personne qui croit que la culture, la parole et la création peuvent participer à la transformation de la société.

Malafi a souligné que la prison est un espace collectif où chaque détenu porte une histoire, une famille, des blessures, des responsabilités, une erreur ou parfois une injustice. Il a fait savoir que chaque récit apporte une autre facette de l'univers carcéral, certains parlant de douleur, d'autres de foi, de solitude, de violence ou encore d'espoir.

L'auteur a également abordé les réalités de l'univers carcéral, notamment la violence, le silence, l'humiliation, la perte de repères et la déshumanisation. Il a estimé que la foi peut devenir, dans l'enfermement, un espace intérieur de résistance, tandis que la dignité demeure une manière de préserver une part de liberté.

Sur le plan civique, l'écrivain a souligné que la littérature ne peut pas remplacer la justice, les institutions ou l'action citoyenne, mais qu'elle peut contribuer à empêcher certaines histoires de disparaître. Il a souhaité que le lecteur retienne que la dignité ne disparaît pas avec la perte de liberté, estimant que la mémoire, la conscience, la foi et la parole peuvent constituer des formes de résistance.

Enfin, Malafi a conclu que la littérature peut documenter une époque, donner une voix à ceux qui ne sont pas toujours entendus et créer un espace dans lequel une société peut regarder ses propres contradictions. Il a rappelé que l'on peut enfermer un corps, mais qu'il est beaucoup plus difficile d'enfermer une mémoire, une conscience, une foi ou une parole.

Key points

  • L'ouvrage "Mort en Exercice à Makal'art" explore l'univers carcéral en RDC à travers les thèmes de l'injustice, de la dignité et de la résistance.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.