Le sénateur Salomon Kalonda a exprimé son inquiétude sur le réseau social X le dimanche 25 octobre, concernant l'adoption par l'Assemblée nationale du projet de loi sur le référendum. Selon lui, les modifications apportées à ce texte ne dissipent pas le risque d'une révision de la Constitution susceptible de favoriser le maintien du chef de l'État au pouvoir. Le chef de l'État pourrait en bénéficier à la suite des corrections apportées à ce texte.
Pour soutenir sa thèse, le cadre Ensemble a remis en circulation sa lettre ouverte adressée au président de la République le 15 juin dernier. Dans cette correspondance, l'élu du Haut-Katanga demandait le retrait de cette proposition de loi, qu'il qualifiait de "faute historique". Plusieurs mois après, il maintient son opposition au texte et affirme que les préoccupations soulevées à l'époque restent d'actualité.
Le nouveau vote de cette proposition de loi par l'Assemblée nationale, vendredi 23 octobre, à la suite du renvoi du texte par Félix Tshisekedi et de la prise en compte des treize réserves d'interprétation formulées par la Cour constitutionnelle, n'a pas rassuré le sénateur Kalonda. Pour lui, ces ajustements ne changent pas la portée du projet et ne permettent pas d'écarter le risque qu'il dénonce.
Kalonda déplore également l'absence de l'opposition lors de cette adoption. Il considère que le débat sur un texte touchant aux fondements institutionnels du pays ne devrait pas être dominé par un seul camp politique. Au-delà de la procédure parlementaire, son inquiétude porte principalement sur les conséquences qu'une éventuelle révision constitutionnelle qui sauterait les limites du mandat présidentiel.
Le contestataire tire la sonnette d'alarme face à une réforme référendaire qu'il considère comme une porte dérobée vers un troisième mandat de Félix Tshisekedi. En ressortant sa lettre ouverte du 15 juin dernier, le sénateur remet sur la table un avertissement qu'il juge toujours d'actualité. À son avis, la Constitution ne doit pas devenir un tremplin politique ni un marchepied vers la prolongation du pouvoir.
Le sénateur présente ce choix comme un moyen d'éviter les conséquences constitutionnelles qu'il redoute. Le débat constitutionnel s'enflamme, alors que Tshisekedi, samedi 24 octobre face à sa plateforme politique l'Union sacrée, a exprimé son désamour vis-à-vis de l'actuelle loi fondamentale congolaise, qu'il jurerait à tout prix de réviser ou de changer.
Face à cette éventualité, le sénateur exhorte le chef de l'État à ne pas promulguer cette proposition de loi. Il invite également la population à retenir les positions des parlementaires ainsi que la décision éventuelle du président de la République concernant la promulgation. Le dernier mot revient désormais au Sénat et au chef de l'État, Félix Tshisekedi, qui pourra décider de promulguer ou non le texte.
Key points
- Le sénateur Salomon Kalonda s'oppose au projet de loi sur le référendum.
- Il craint que le texte ne permette un troisième mandat pour Félix Tshisekedi.
- Le débat constitutionnel s'enflamme en RDC.