Les déplacements répétés du président Bassirou Diomaye Faye ont suscité des interrogations au Sénégal, notamment dans un contexte économique difficile où les citoyens sont appelés à serrer la ceinture. Le chef de l’État a récemment effectué un périple à Washington et à Abou Dhabi, avant de se rendre à New York pour participer à la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Le coût exact de ces déplacements présidentiels n’est pas connu, mais leur succession a suscité des critiques. Le Premier ministre Al Aminou Lô avait lui-même décrit la situation du pays comme étant au «cinquième sous-sol», avec des délestages de la Senelec et une hausse du coût des denrées alimentaires qui pèsent sur le quotidien des ménages.

Dans ce contexte, les voyages du chef de l’État sont examinés sous l’angle de la dépense publique et de la nécessaire rationalisation du train de vie de l’État. L’enseignant-chercheur en sciences politiques à l’Université Gaston Berger, Moussa DIAW, estime que le président de la République devrait donner l’exemple en réorganisant et rationalisant ses agendas, notamment en raison de la dette abyssale du Sénégal.

Selon Moussa DIAW, le déplacement aux États-Unis aurait pu être organisé autour d’un seul séjour, notamment en l’adossant à la participation du chef de l’État à l’Assemblée générale des Nations unies. La multiplication des allers-retours entre différentes capitales pourrait, selon cette lecture, alourdir inutilement la facture pour le contribuable.

Le sociologue Alioune Badara Kandji défend, lui, une approche différente. Pour lui, les déplacements présidentiels ne peuvent pas être réduits à leur coût budgétaire. Ils répondent aussi à des impératifs diplomatiques, économiques et financiers, notamment dans une période où le Sénégal cherche à attirer des investisseurs et des bailleurs de fonds.

Dans cette perspective, la situation difficile du Sénégal pourrait justement justifier une présence accrue du chef de l’État auprès des partenaires étrangers. Les rencontres internationales peuvent constituer des occasions de défendre les intérêts du pays, de rechercher des financements et de tenter de desserrer l’étau économique.

Les critiques portent à la fois sur la question financière et sur l’image donnée par le pouvoir dans une période où les autorités appellent régulièrement à la rigueur et à la réduction des dépenses publiques. Le président Diomaye Faye a donc intérêt à prendre en compte ces différentes considérations pour organiser ses prochains déplacements.

Key points

  • Le coût exact des déplacements présidentiels n’est pas connu.
  • Les voyages du président Diomaye Faye sont examinés sous l’angle de la dépense publique et de la nécessaire rationalisation du train de vie de l’État.
  • Les déplacements présidentiels répondent à des impératifs diplomatiques, économiques et financiers.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.