Les pharmaciens sénégalais se sont réunis à Saly, dans la région de Mbour, à l'occasion de la cinquième édition des Journées du médicament, organisée par le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal (SPPS). À cette occasion, ils ont lancé un appel à renforcer la production locale de médicaments et à accompagner les industriels nationaux. Le président de l'Ordre des pharmaciens du Sénégal, docteur Mbaye Aw, a souligné que le Sénégal importe près de 97 % de ses besoins en médicaments et autres produits de santé.
Selon le docteur Mbaye Aw, cette situation rend nécessaire l'accélération du processus de souveraineté pharmaceutique. Il a estimé que le pays dispose déjà de "champions locaux" qui ont investi dans le secteur et dont l'accompagnement par l'État devrait notamment passer par la facilitation de l'investissement, l'accès au foncier et une fiscalité adaptée. Le docteur Aw a également insisté sur la nécessité de garantir aux populations des médicaments répondant aux exigences de qualité, de sécurité et d'efficacité.
Le président du Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal, docteur Serigne Ahmadou Bamba Ndour, a pour sa part souligné que la souveraineté pharmaceutique "est un processus" et non une démarche qui se décrète. Il a appelé à soutenir les acteurs locaux afin de produire les médicaments nécessaires à la prise en charge des pathologies qui touchent les populations sénégalaises. Le docteur Ndour a également insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts pour atteindre cet objectif.
La lutte contre les faux médicaments est également un enjeu majeur de santé publique et de viabilité des officines. Les participants aux Journées du médicament ont mis l'accent sur la nécessité de renforcer la lutte contre le marché illicite et les faux médicaments. Le président de l'Ordre des pharmaciens a plaidé pour que le Sénégal ratifie la Convention Médicrime, estimant que le trafic de faux médicaments constitue une menace nécessitant une réponse renforcée des pouvoirs publics.
Le docteur Mbaye Aw a rappelé l'existence de la loi 2023-06 du 13 juin, qui prévoit des sanctions pénales et pécuniaires importantes pour lutter contre ces pratiques. Les échanges ont également porté sur les mutations digitales et leur impact sur la profession pharmaceutique, notamment avec l'essor de l'intelligence artificielle. Le président du SPPS a insisté sur la nécessité de considérer ces technologies comme des outils d'accompagnement du pharmacien et non comme des instruments de décision.
La représentante du ministre de la Santé et de l'Hygiène publique, le docteur Ndeye Maguette Ndiaye Ndome, a assuré que son département poursuivra son accompagnement du secteur privé, notamment à travers l'Agence de régulation pharmaceutique (ARP). Elle a rappelé que la souveraineté pharmaceutique occupe une place importante dans la stratégie nationale de transformation du système de santé, élaborée dans le cadre de l'Agenda de transformation Vision 2050.
Les cinquièmes Journées du médicament seront clôturées par une randonnée rose à Pointe-Sarène, dans le cadre de la campagne "Octobre rose", avec des activités de sensibilisation sur le cancer du sein et une dotation en médicaments destinée aux populations. Les participants ont également été informés des efforts en cours pour améliorer la prise en charge des patients et l'exercice de la mission de santé publique.
Key points
- Le Sénégal importe près de 97 % de ses besoins en médicaments et autres produits de santé.
- Les pharmaciens sénégalais appellent à renforcer la production locale de médicaments pour réduire la dépendance du pays aux importations.
- La lutte contre les faux médicaments est un enjeu majeur de santé publique et de viabilité des officines.