Le Bénin a ramené son déficit budgétaire à 2,8 % du produit intérieur brut (Pib) en 2025, contre 3,0 % en 2024. Selon la Banque africaine de développement (Bad), le pays devrait maintenir ce déficit sous la barre des 3 % à moyen terme. Le Rapport Pays 2026 de la Bad projette ainsi un déficit de 2,6 % du Pib en 2026, puis de 2,4 % en 2027. Cette trajectoire budgétaire doit être conciliée avec le financement des investissements nécessaires à la transformation structurelle de l'économie.
La Bad souligne l'élargissement de l'assiette fiscale, la simplification des procédures et la modernisation des instruments de collecte comme des enjeux majeurs pour accroître les ressources intérieures. La digitalisation apparaît comme un levier important de cette stratégie, à travers notamment l'interconnexion des bases de données et le renforcement des dispositifs de contrôle. Le Bénin poursuit ainsi sa trajectoire d'assainissement des finances publiques pour préserver les équilibres macroéconomiques et soutenir la croissance.
La mobilisation fiscale reste un chantier important pour le Bénin. La Bad relève que le ratio des recettes fiscales au Pib demeure inférieur aux niveaux observés dans plusieurs économies comparables. Le renforcement de la base fiscale et l'amélioration de l'efficacité du recouvrement sont ainsi cruciaux. Le recours accru aux outils numériques doit permettre de rapprocher l'administration des contribuables, de sécuriser les opérations et de limiter les possibilités de fraude.
La consolidation des comptes publics constitue l'autre pilier de la stratégie du Bénin. La baisse du déficit, après le niveau de 3,0 % du Pib enregistré en 2024, traduit les efforts de maîtrise des dépenses et d'amélioration des recettes. Cette discipline budgétaire doit cependant être conciliée avec les besoins d'investissement dans les infrastructures, l'énergie, le capital humain et la transformation productive.
La Bad souligne également l'importance de renforcer l'efficacité de la dépense publique. Le score d'efficacité des investissements publics du Bénin s'établit à 56 %, contre plus de 74 % au Ghana et au Cap-Vert. Le stock de capital public par habitant, à 548,52 dollars Us en 2024, reste très inférieur à la moyenne africaine de 4 833 dollars Us.
Pour le Bénin, l'enjeu est donc double : accroître les ressources disponibles et améliorer leur efficacité. La maîtrise des dépenses, la mobilisation des recettes et la digitalisation du recouvrement doivent être poursuivies de manière complémentaire. La Bad propose plusieurs instruments de financement pour soutenir le développement du Bénin, notamment la mobilisation accrue des ressources intérieures, le recours aux capitaux privés et les partenariats public-privé.
Le Bénin table sur une croissance économique de 7 % en 2026 et 7,1 % en 2027, après une croissance de 8,1 % en 2025. La poursuite des réformes fiscales et l'amélioration de l'efficacité de la dépense publique seront cruciales pour soutenir cette croissance et préserver les équilibres macroéconomiques.
Key points
- Le Bénin maintient son déficit budgétaire sous la barre des 3 %
- La digitalisation est un levier important pour accroître les ressources intérieures
- Le Bénin poursuit ses réformes fiscales pour soutenir la croissance économique