Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a récemment souligné que l'Egypte ne restera pas les bras croisés face à l'approche irresponsable de l'Ethiopie à l'égard du Nil. Cette déclaration a été faite à l'occasion de la Semaine de l'eau du Caire, un événement crucial qui a remis au premier plan le dossier sensible de la sécurité nationale égyptienne, notamment la question de l'eau et le barrage éthiopien de la Renaissance (GERD).
Le barrage de la Renaissance, d'une capacité de stockage de 74 milliards de m³ sur le Nil bleu, a été annoncé par l'Ethiopie en 2011. Depuis, la région est entrée dans une crise prolongée impliquant trois pays liés par un même destin hydrique : l'Egypte, le Soudan et l'Ethiopie. Le Nil fournit à l'Egypte 97 % de ses ressources en eau, et toute manipulation de son débit constitue une menace directe pour la vie de plus de 104 millions d'Egyptiens.
Malgré la gravité du dossier, l'Egypte a choisi la voie de la diplomatie apaisée. En 2015, elle a signé à Khartoum la Déclaration de principes, confirmant son engagement à coopérer avec l'Ethiopie et à respecter son droit au développement, à condition que cela ne nuise pas aux autres parties. Cependant, l'Ethiopie a profité de cette bonne volonté pour imposer le fait accompli, en procédant à des remplissages successifs sans accord ni coordination.
L'Egypte a renforcé ses capacités internes pour protéger sa sécurité hydrique, en mettant en oeuvre un plan national jusqu'en 2037, comprenant des mégaprojets dans le traitement des eaux, le revêtement des canaux et le dessalement de l'eau de mer. Plus de 160 milliards de L.E. ont été investis dans les projets d'irrigation. Le pays a construit 134 stations de traitement et de réutilisation de l'eau et a inauguré à Alamein la plus grande station de dessalement du Moyen-Orient.
Le président Al-Sissi a résumé l'équation de la sécurité hydrique égyptienne en déclarant que l'Egypte ne cherche pas le conflit, mais n'acceptera pas qu'un fait accompli menace son existence. L'Egypte s'appuie sur le droit international et la diplomatie préventive, tout en gardant ouvertes toutes ses options de dissuasion souveraine. Le pays mène son combat avec calme et détermination, tandis que l'Ethiopie persiste dans sa politique du fait accompli.
La question de la sécurité hydrique de l'Egypte demeure d'abord juridique avant d'être politique. L'Egypte s'appuie sur les règles établies par la Convention des Nations-Unies de 1997 sur les cours d'eau internationaux, qui consacrent les principes d'« utilisation équitable » et de « ne pas causer de dommages significatifs ». L'Egypte ne demande rien de plus que la justice et n'acceptera rien de moins que le droit, car préserver le Nil, c'est protéger l'existence nationale ; défendre l'eau, c'est défendre la vie elle-même.
Key points
- L'Egypte ne restera pas les bras croisés face à l'approche irresponsable de l'Ethiopie à l'égard du Nil.
- Le barrage de la Renaissance est d'une capacité de stockage de 74 milliards de m³ sur le Nil bleu.
- L'Egypte a investi plus de 160 milliards de L.E. dans les projets d'irrigation pour renforcer ses capacités internes.