Le secteur de la microfinance en Tunisie a connu une croissance significative ces dernières années, affirmant son rôle d'instrument incontournable de politique économique et sociale. Il permet de combler les défaillances du système bancaire classique face aux populations non ou sous-bancarisées. Selon les rapports de l'Autorité de contrôle de la microfinance (ACM), le nombre de clients actifs a atteint 858 266 individus au premier trimestre 2026.
L'analyse des rapports de l'ACM révèle une expansion continue et robuste du secteur de la microfinance. Au terme du premier trimestre 2026, l'encours global de portefeuille a atteint 3 039 millions de dinars (MDT), représentant une progression annuelle de 17,0 %. Cette surperformance de l'encours par rapport à la file active témoigne d'une augmentation significative de l'encours moyen par client.
La segmentation institutionnelle du marché met en évidence une hégémonie écrasante des Institutions de Microfinance sous forme de Sociétés Anonymes (IMF-SA). Au 31 mars 2026, les IMF-SA concentrent 91 % de l'encours total du secteur et encadrent 661 539 clients actifs. À l'inverse, les Associations de Microcrédits (AMC) voient leur poids relatif s'éroder.
Sur le plan de la qualité du portefeuille, les indicateurs témoignent d'une résilience remarquable et d'une maîtrise accrue du risque de crédit. Le Portefeuille à risque à 30 jours (PAR 30) des IMF-SA s'est établi à 2,60 % au 31 mars 2026, contre 3,50 % une année auparavant.
L'évolution la plus marquante de l'architecture financière tunisienne réside dans le renforcement spectaculaire de la discipline tarifaire. La publication au Journal Officiel de l'arrêté de la ministre des Finances du 26 décembre 2025 a instauré un cadre historique en fixant un plafond légal aux taux d'intérêt annuels et aux marges bénéficiaires excessives pour les microfinancements.
En vertu de ce dispositif, tout crédit consenti à un Taux annuel effectif global (TAEG) dépassant le seuil moyen pratiqué par le secteur au semestre précédent est qualifié d'abusif, contraignant les IMF à restituer les sommes indûment perçues majorées des intérêts au taux légal commercial. Pour le premier semestre 2026, les seuils des taux effectifs globaux moyens ont induit une compression notable des coûts pour l'emprunteur.
La microfinance en Tunisie consolidera son rôle de pont incontournable entre l'économie informelle et la sphère financière formelle, au service d'une croissance durable, partagée et inclusive. Le secteur combine désormais des objectifs d'impact social et impératifs de viabilité institutionnelle, jouant un rôle catalyseur dans la réduction de la pauvreté et la promotion de l'entrepreneuriat.
Key points
- Le secteur de la microfinance en Tunisie connaît une expansion continue et robuste, avec un nombre de clients actifs en hausse de 6,6 % au premier semestre 2026, et un encours global de portefeuille de 3 039 millions de dinars.