La Guinée a célébré en différé, ce jeudi 15 octobre 2026, la 34e Journée mondiale de la santé mentale. Cette rencontre, organisée à l'hôpital Donka, s'inscrit dans le cadre du projet « Accès aux soins de santé des vulnérables en Guinée », mis en œuvre par Fraternité Médicale Guinée (FMG), avec l'appui de Memisa et un financement de la Direction générale de la coopération au développement et de l'aide humanitaire (DGD). Le thème retenu pour cette édition était « Des voix réelles et un changement réel : des expériences vécues et entendues ».
Les intervenants ont souligné l'importance de l'écoute des personnes concernées et de leurs familles, de la lutte contre la stigmatisation et de l'amélioration de la prise en charge. Dr Ousmane Tanou Diallo, coordinateur national par intérim du Programme national de santé mentale, a rappelé que le rejet et la discrimination dissuadent encore certaines personnes de rechercher des soins. Il a appelé les familles et les communautés à privilégier l'écoute et la solidarité.
Malgré les efforts engagés, plusieurs difficultés continuent de limiter l'accès aux soins de santé mentale en Guinée. Le représentant pays de Memisa Guinée, Dr Mouctar Bayo, a rappelé que le partenariat entre Memisa Belgique, FMG et le Programme national de santé mentale a permis d'accompagner 18 centres de santé, de former une centaine d'agents sanitaires et de soutenir la disponibilité des médicaments. Cependant, il a souligné le nombre insuffisant de professionnels formés dans ce domaine et les pénuries de médicaments psychotropes.
Le ministère de la Santé a réaffirmé son engagement à améliorer l'offre de soins et à renforcer les capacités des professionnels de santé. Le chef de cabinet, Dr Nomou Alphonse KPOGHOMOU, a insisté sur la nécessité d'associer les personnes concernées aux décisions relatives à leur prise en charge. Il a également évoqué le renforcement des services sanitaires et l'intégration progressive de la santé mentale dans les structures de soins.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a rappelé l'ampleur des besoins à l'échelle mondiale. Selon Dr Haby Dieng, responsable de la prévention et du contrôle des maladies à l'OMS en Guinée, plus d'un milliard de personnes vivent avec un trouble mental dans le monde. Elle a plaidé pour une intégration durable de la santé mentale dans les politiques publiques et les budgets.
La célébration a également été marquée par plusieurs témoignages de personnes malades et de proches, venus raconter les difficultés rencontrées au quotidien. Les intervenants ont appelé à une mobilisation collective pour améliorer l'accès aux soins de santé mentale en Guinée. Le défi reste de traduire les engagements annoncés en mesures concrètes.
Les acteurs du secteur sanitaire et social en Guinée ont exigé plus de moyens et moins de stigmatisation pour les patients atteints de troubles mentaux. Ils ont souligné l'importance de l'écoute, de la solidarité et d'un accompagnement adapté pour les personnes confrontées aux troubles mentaux.
Key points
- Les autorités guinéennes ont réaffirmé leur engagement à améliorer l'offre de soins et à renforcer les capacités des professionnels de santé.
- L'OMS a plaidé pour une intégration durable de la santé mentale dans les politiques publiques et les budgets.
- Les intervenants ont appelé à une mobilisation collective pour améliorer l'accès aux soins de santé mentale en Guinée.