Le camp de Benjamin Netanyahu a accentué ses attaques jeudi contre les partis arabes israéliens en passe d'obtenir un score élevé aux élections législatives qui les érige en faiseurs de roi. Les deux principales formations politiques majoritairement arabes israéliennes, Raam et la Liste unifiée, sont créditées d'un nombre inédit de 19 sièges, grâce à la mobilisation sans précédent de la minorité arabe contre le gouvernement sortant de M. Netanyahu.

Mercredi soir, le chef de la Commission électorale, Noam Sohlberg, a adressé une lettre aux services du renseignement intérieur pour demander l'ouverture d'une enquête sur des soupçons portant sur un éventuel soutien financier qu'auraient reçu des partis de la part de pays étrangers. Il n'a pas précisé quels partis étaient soupçonnés ni sur quels éléments il s'appuyait, mais a néanmoins demandé une enquête afin de trouver les preuves étayant ces soupçons ou de les réfuter.

Le parti de M. Netanyahu, le Likoud, a lancé un communiqué republié sur X par le Premier ministre, présentant l'affaire comme un attentat contre la démocratie visant à islamiser Israël et faire chuter le gouvernement de droite. Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a appelé à arrêter sans délai les chefs des partis arabes soupçonnés d'avoir reçu de l'argent du Qatar, souvent utilisé comme repoussoir par la classe politique israélienne.

Les partis arabes n'ont pas réagi dans l'immédiat à ces nouvelles accusations. Le jour même du scrutin, M. Netanyahu avait accusé le Raam de Mansour Abbas de tenter de voler les élections après l'arrestation de trois hommes munis d'enveloppes remplies d'argent à proximité d'un bureau de vote. Les autorités électorales avaient écarté toute idée de fraude massive.

Le Likoud estime qu'il est désormais clair qu'aucun parti sioniste ne peut être autorisé à coopérer avec Raam ou la Liste unifiée, car cela mettrait Israël en danger. Une alliance entre les partis arabes et le principal bloc de l'opposition emmené par le centriste Gadi Eisenkot leur permettrait mathématiquement de prendre le contrôle du Parlement.

Alors que le dépouillement touche à sa fin, la coalition de M. Netanyahu fait la course en tête avec 53 sièges projetés devant les 48 sièges estimés pour M. Eisenkot et ses alliés, sans qu'aucun des deux camps ne puisse atteindre la majorité à la Knesset qui compte 120 sièges. Les partis arabes sont donc en mesure de faire pencher la balance en faveur de l'opposition.

Le chef de la gauche Yaïr Golan a accusé le camp du Premier ministre de mener une campagne nauséabonde visant à délégitimer la volonté du public, et du public arabe en particulier. M. Eisenkot a déclaré que les autorités avaient le devoir d'enquêter sur chaque plainte, mais mis en garde contre toute instrumentalisation de la situation pour retarder la validation des résultats et la prise de fonction du nouveau Parlement.

Key points

  • Les partis arabes israéliens obtiennent un score historique de 19 sièges aux élections législatives.
  • Le camp de Netanyahu les accuse de recevoir des fonds de l'étranger.
  • Les partis arabes pourraient faire pencher la balance en faveur de l'opposition.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.