La hausse du coût de la vie est une réalité quotidienne pour les citoyens tunisiens depuis des années, grignotant progressivement leur pouvoir d'achat. Les dépenses alimentaires, les déplacements et les services essentiels absorbent une part importante des revenus. Les hausses successives laissent une empreinte durable sur les budgets des ménages. Selon l'Institut national de la statistique (INS), l'inflation des produits alimentaires s'est nettement accélérée en septembre 2026, atteignant 8,4 %, contre 7,5 % en août.

Cette progression est due aux difficultés du secteur agricole, notamment le déficit hydrique. Les prix des produits de première nécessité ont augmenté, notamment ceux des volailles (+16,5 %), des fruits frais (+16,3 %), de la viande ovine (+14,6 %) et de la viande bovine (+13 %). Les légumes frais ont progressé de 12,9 %, tandis que les poissons frais ont enregistré une hausse de 10,4 %. Seuls les prix des huiles alimentaires ont reculé de 4,1 %. Cette accélération des prix alimentaires a contribué à la progression de l'inflation globale, passée de 5,4 % en août à 5,6 % en septembre.

Le secteur agricole demeure soumis à une forte pression en raison de la pénurie d'eau, qui affecte les rendements et l'offre agricole nationale. Les contraintes financières limitent également les marges de manœuvre pour soutenir durablement la production. Selon la Direction des études et des prévisions financières, la sécurité alimentaire est une question de production, mais aussi de distribution et de pouvoir de négociation.

À court terme, la protection du pouvoir d'achat exige une surveillance plus pointue des marchés et une meilleure transparence des marges entre production et consommation. À moyen terme, elle suppose une hausse de la productivité et une offre de services publics qui diminue les dépenses contraintes des ménages. Le ministère du Commerce et du Développement des exportations examinera les possibilités de réduction des prix de certains produits de consommation dans les grandes surfaces.

Pour renforcer la transparence du marché, il est nécessaire de mettre en place un système intégré associant marchés de gros organisés, traçabilité numérique des marchandises et des transactions, contrôle des stocks et des factures, encadrement des intermédiaires et de leurs marges bénéficiaires, et garantie d'une concurrence équitable. Il faudrait également identifier les dysfonctionnements, qu'ils soient liés à une hausse des prix à la production ou à l'importation.

La multiplication des intermédiaires fictifs et la spéculation doivent être limitées pour stabiliser les prix et protéger le pouvoir d'achat des citoyens. Le contrôle des prix ne devrait pas se limiter à l'examen des factures et à la multiplication de sorties ponctuelles des agents de contrôle. Il exige également de connaître les quantités produites et importées, les volumes des stocks, les sources d'approvisionnement ainsi que les marges bénéficiaires à chaque étape de la commercialisation.

Le défi consiste à mettre en place un système qui permette de suivre les marchandises, les stocks, les transactions financières et les circuits de vente, du producteur et de l'importateur jusqu'au consommateur. Les autorités doivent intervenir de manière préventive pour lutter contre les pénuries et la spéculation, stabiliser davantage les prix et protéger le pouvoir d'achat des citoyens.

Key points

  • L'inflation des produits alimentaires a atteint 8,4 % en septembre 2026.
  • Le secteur agricole est soumis à une forte pression en raison de la pénurie d'eau.
  • La protection du pouvoir d'achat exige une surveillance plus pointue des marchés et une meilleure transparence des marges entre production et consommation.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.