La guerre hybride est un concept qui a émergé au début des années 2000. Selon le Colonel-Major (Ret) Mohamed Ghazi Essaïed, ce concept a été théorisé en 2007 par Frank Hoffman, un ancien officier des Marines. Hoffman s'est appuyé sur la guerre du Liban en 2006 pour valider sa théorie. Ce conflit a été le premier choc asymétrique moderne qualifié d'hybride, caractérisé par une guérilla irrégulière, un armement équivalent à une armée conventionnelle et une guerre médiatique en temps réel.

La guerre hybride se distingue de la guerre asymétrique, de la guerre non conventionnelle et de la guerre irrégulière. La guerre asymétrique est un conflit opposant des adversaires de forces disproportionnées, où le faible utilise des tactiques inédites pour contourner la puissance du fort. Le Général Desportes définit la guerre asymétrique comme un conflit où un État, même faible, peut jouer sur de multiples leviers pour s'opposer avec efficacité à beaucoup plus puissant que lui.

La guerre non conventionnelle est l'utilisation de moyens autres que les armes et les armées classiques, tels que la cyberattaque, les pressions économiques, la diplomatie et la propagande. Cela concerne des États, des services de renseignement ou des groupes de hackers. La guerre irrégulière est un conflit impliquant des combattants non étatiques n'appartenant pas à une armée régulière, utilisant la ruse et la clandestinité.

La guerre hybride est une stratégie militaire contemporaine qui combine des moyens conventionnels et des méthodes non conventionnelles. Elle cherche à exploiter les vulnérabilités politiques, économiques et sociales d'un État pour créer une crise permanente, diviser la population et affaiblir les institutions. Selon le Général Desportes, la guerre hybride impliquerait une combinaison d'outils, un flou stratégique et la subversion de l'intérieur.

Les modes opératoires de la guerre hybride sont variés. Ils comprennent les attaques cyber, le chantage migratoire, l'accès aux matières premières vitales ou à des réacteurs nucléaires, la rupture de câbles sous-marins, les assassinats ou tentatives, la propagande, le soutien aux mouvements séparatistes, l'affaiblissement et la décrédibilisation de l'UE, et l'appui à des mouvements d'extrême-droite.

L'OTAN et l'UE ont officiellement intégré le concept de "menace hybride" dans leurs doctrines de sécurité en 2014, après l'invasion de la Crimée. Les écoles supérieures militaires analysent désormais la guerre hybride comme une menace majeure. La guerre hybride est une menace qui nécessite une riposte complexe, car elle efface la frontière entre le temps de paix et le temps de guerre.

La guerre hybride a quatre composantes majeures : la guerre informationnelle, la cyberguerre, les sabotages et l'armement des flux. La guerre informationnelle consiste à utiliser les réseaux sociaux, les médias d'État et les fermes à trolls pour propager des fake news et influencer des scrutins électoraux. La cyberguerre consiste à pirater des infrastructures critiques pour paralyser un pays ou voler des données stratégiques.

Key points

  • La guerre hybride est une stratégie militaire contemporaine qui combine des moyens conventionnels et des méthodes non conventionnelles.
  • La guerre hybride cherche à exploiter les vulnérabilités politiques, économiques et sociales d'un État pour créer une crise permanente.
  • La guerre hybride a quatre composantes majeures : la guerre informationnelle, la cyberguerre, les sabotages et l'armement des flux.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.