Le directeur général de la fonction publique, Karamba Guirassy, a présenté les réformes menées pour assainir le fichier de la fonction publique guinéenne lors d'un atelier de restitution à Conakry. Les efforts ont permis de supprimer 64 000 matricules fictifs, réduisant le volume global d'agents de l'État de 168 000 à 104 000 avant les recrutements. Cette opération a également permis de garantir que l'État ne paie que des agents identifiés.
Selon Karamba Guirassy, l'État payait des agents qui n'existaient pas, ce qui a changé grâce à l'assainissement du fichier. Les anciennes pratiques de paie étaient caractérisées par des méthodes rudimentaires, avec des sacs d'argent qui fusaient de partout pour la paie des agents de l'État. Les décaissements se faisaient à travers des clés USB, et une seule personne pouvait toucher le salaire de 10 à 50 matricules ou toucher 3 à 4 primes de transport et primes de logement.
Le système souffrait également de failles béantes, notamment avec un potentiel de minimum 7 000 agents vivant à l'étranger. Les dysfonctionnements sectoriels majeurs étaient également présents, à l'instar des primes de l'éducation payées aveuglément à l'ensemble du secteur, représentant pour l'État 88 milliards mensuels. La moitié des effectifs relève de ce département sans qu'on sache précisément qui y a droit.
Karamba Guirassy a souligné que l'assainissement continue, et le fichier global s'établit désormais à 128 000 agents, en regroupant fonctionnaires et contractuels. L'administration dispose désormais d'une visibilité nouvelle grâce à une sécurisation technologique poussée, avec une biométrie composite faciale et une vis empreinte. Cela permet d'identifier chaque agent de l'État.
Cependant, la simple maîtrise numérique des effectifs ne suffit pas à garantir l'efficacité de l'État. Le directeur général de la fonction publique a mis en exergue l'anomalie persistante des structures, en estimant que la présence de 3 000 agents dans un bâtiment ne correspond pas toujours à la réalité. La mise en place de textes et de cadres organiques digitalisés est indispensable pour bâtir une véritable politique nationale de gestion des ressources humaines.
Karamba Guirassy a rappelé la nécessité de doter le pays d'une politique de recrutement rigoureuse, qualitative et quantitative, reposant sur une dimension prospective et économique. Cela permettrait de répondre aux pressions syndicales et de gérer les flux de personnel de manière efficace. La mise en place de cette politique nationale de gestion de ressources humaines est imminente et cruciale pour réconcilier l'État avec l'efficacité administrative.
L'absence de textes organiques digitalisés empêche actuellement de savoir qui est posté où, qui est parti à la retraite, qui est décédé, qui n'est plus à son poste. Cette carence organisationnelle engendre des blocages profonds en matière de mobilité et d'évolution de carrière. La question de l'évaluation demeure essentielle pour permettre aux agents de progresser.
Key points
- Le gouvernement guinéen a supprimé 64 000 matricules fictifs de la fonction publique.
- Les réformes ont permis de réaliser 643 milliards GNF d'économies entre 2024 et 2026.
- La mise en place d'une politique nationale de gestion de ressources humaines est imminente pour améliorer l'efficacité administrative.