Une collision rarissime entre deux trains à grande vitesse sur la même voie a eu lieu mercredi 28 octobre dans la région de Tolède en Espagne. Le bilan provisoire fait état d'au moins 68 morts. Les autorités ont annoncé l'interruption de la circulation sur la ligne à grande vitesse Madrid-Andalousie. Les images diffusées en direct par la télévision espagnole montrent les trains accidentés, dont deux voitures semblent avoir déraillé.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a déclaré que "toute l'Espagne est en deuil" suite à cette catastrophe ferroviaire. Le train exploité par le groupe public espagnol Renfe, avec près de 400 passagers à bord, est entré en collision avec un autre train à l'arrêt, exploité par Iryo, société privée contrôlée par les chemins de fer italiens FS, avec 152 personnes à bord. Les secours ont été déployés sur place, avec plusieurs brigades de pompiers, trois hélicoptères et deux unités de soins intensifs mobiles.

Selon le ministre des Transports espagnol, Oscar Puente, le système de signalisation LZB est tombé en panne "vers 08H30" ce mercredi 28 octobre, provoquant tout d'abord "l'arrêt automatique" de six trains se trouvant dans la zone, dont les deux trains accidentés. Quelques minutes plus tard, le centre de contrôle a ordonné la reprise en marche du train Renfe, une décision "inexplicable", selon les termes d'Oscar Puente, qui a parlé d'"erreur" humaine.

En un quart d'heure, le train de la Renfe a parcouru 25 kilomètres, avant de heurter, à une vitesse encore inconnue et en pleine ligne droite, le train Iryo, resté à l'arrêt. L'expert ferroviaire Pierre Plaindoux a souligné que cette catastrophe rarissime touche apparemment à une problématique de système, et qu'il ne semble pas que l'on soit sur un problème de vétusté.

La sécurité ferroviaire est organisée autour d'un principe simple et très ancien, celui du "cantonnement", c'est-à-dire qu'aucun train en mouvement ne s'approche jamais sur la même voie d'un train arrêté. Un espace de voie unique (un "canton") est toujours à tout instant réservé à un train unique. Pour qu'une telle collision ait pu avoir lieu, c'est le système de base de la protection ferroviaire qui n'aurait pas fonctionné.

Cette collision intervient moins d'un an après celle d'Adamuz, en Andalousie, qui avait fait 46 morts le 18 janvier dernier. Un train de l'opérateur privé Iryo avait alors déraillé avant de heurter un train de la Renfe circulant en sens inverse. Un deuil de trois jours a été décrété par les autorités espagnoles.

Les autorités ont ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes de cette collision. Le gouvernement espagnol a annoncé qu'il allait prendre des mesures pour éviter de telles catastrophes à l'avenir. Les familles des victimes ont été prises en charge par les autorités et les services de secours.

Key points

  • Au moins 68 morts dans une collision entre deux trains à grande vitesse en Espagne.
  • Le système de signalisation LZB est tombé en panne avant la collision.
  • Cette collision est l'une des pires catastrophes ferroviaires en Espagne ces dernières années.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.