Le Fonds national pour l'insertion des jeunes (FONIJ) en Guinée est au centre d'une importante procédure judiciaire. Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a donné instruction d'ouvrir une enquête préliminaire sur la gestion administrative et financière de cette structure publique depuis sa mise en place. Cette enquête concerne quatre personnalités ayant occupé des fonctions de responsabilité au sein de l'institution à différentes périodes.
Les investigations portent sur plusieurs infractions présumées, notamment le détournement de deniers publics, la corruption d'agents publics, l'enrichissement illicite et la complicité. Les enquêteurs devront examiner la gestion des ressources financières du FONIJ, les mécanismes de mobilisation des financements et l'utilisation des différentes dotations budgétaires. Une attention particulière sera accordée aux prêts octroyés aux jeunes entrepreneurs entre 2016 et 2019.
La gestion de l'enveloppe budgétaire de 5,15 milliards de francs guinéens accordée à l'institution pour l'année 2023 figure également parmi les points à éclaircir. Plusieurs programmes passés au crible, dont le Grand Prix FONIJ, dont le financement est estimé à environ 1,3 milliard de francs guinéens, et le programme Lassiri, consacré à la formation et à l'autonomisation de 1 100 jeunes filles.
Les enquêteurs s'intéresseront également au projet Nexus, une initiative destinée à accompagner l'innovation et à encourager le développement des projets numériques. La plateforme e-FONIJ fera l'objet d'un audit spécifique pour contrôler la fiabilité des données enregistrées, l'identité des bénéficiaires et la validité des numéros de téléphone associés aux dossiers.
Les investigations ne se limiteront pas à l'analyse des programmes financés par l'institution. Elles porteront aussi sur les opérations bancaires, les procédures de décaissement et la traçabilité des ressources financières. La justice entend vérifier l'existence éventuelle de surfacturations et déterminer la destination effective des subventions internationales non remboursables.
Le parquet spécial a prévu plusieurs mesures pour approfondir les vérifications, notamment une réquisition à la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) pour identifier d'éventuelles transactions suspectes. Une expertise comptable indépendante sera également confiée à un cabinet agréé pour passer en revue les documents financiers et les opérations effectuées.
L'ouverture de cette enquête intervient dans un contexte où la gestion des fonds publics destinés à l'emploi et à l'autonomisation de la jeunesse fait l'objet d'une attention particulière. Pour la CRIEF, l'enjeu est de déterminer si les ressources mobilisées au profit des jeunes ont été utilisées conformément aux objectifs assignés à l'institution ou si des irrégularités financières et administratives ont été commises.
Key points
- Quatre dirigeants du FONIJ sont visés par une enquête pour des soupçons de détournement de deniers publics et corruption.
- L'enquête porte sur la gestion administrative et financière du FONIJ depuis sa mise en place.
- Les investigations concernent également les opérations bancaires et les marchés publics.