Lundi 4 mai 2020, il est 12h30 à Béjaïa-ville. Les routes sont encombrées et les trottoirs sont remplis de personnes qui vaquent à leurs occupations. Un tour au centre-ville laisse penser que tout est calme, mais la menace du Covid-19 n'est pas loin. Les Béjaouis semblent avoir oublié les mesures de précaution et les gestes barrières pour se protéger contre la pandémie.
Au quartier Nacéria, des dizaines de personnes font la queue devant un distributeur de lait pasteurisé, sans respecter les distances de sécurité. Les clients s'échangent des informations sur l'évolution de la pandémie à Béjaïa dans une insouciance qui inquiète. Les prix du lait subventionné sont attractifs, à 25 DA le sachet, mais les comportements dangereux de ces personnes inquiètent les plus prudents.
À quelques rues de là, au quartier Brandy, un souk de fortune a vu le jour ces derniers jours. Les étals sont bien fournis en fruits et légumes, mais les prix sont inabordables pour les petites bourses. Les clients font leurs emplettes comme si de rien n'était, sans se soucier des risques de contamination. Les supérettes du même quartier connaissent les mêmes comportements.
Les commerçants et les habitants de Béjaïa sont conscients des risques, mais semblent impuissants face à ces comportements dangereux. "Quoi qu'on dise ou on fasse, ces comportements restent une menace ; nous ne pouvons de la sorte lutter contre un ennemi invisible, en ignorant les gestes bloquants et la distanciation physique ou sociale", estime un buraliste.
La route de l'université est devenue un marché où les Béjaouis se croisent et se collent. Rares sont ceux qui portent des masques. Les autorités sanitaires sont interpellées sur les raisons de ces comportements et sur les mesures à prendre pour lutter contre la propagation du virus.
Il existe cependant des exemples de comportements responsables, comme celui de l'agence postale du stade. Les préposés aux guichets portent des masques et les clients gardent une distance de sécurité. Ceux qui effectuent des opérations bancaires sont peu nombreux et semblent conscients des risques.
Le wali de Béjaïa, Ahmed Maabed, a pris un arrêté portant (re)fermeture de quelques commerces, dont les magasins de pâtisseries et gâteaux traditionnels, salons de coiffure, magasins d'habillements, de chaussures. Les autorités tentent de reprendre le contrôle de la situation et de sensibiliser les habitants à la nécessité de respecter les mesures de sécurité pour éviter la propagation du Covid-19.
Key points
- Les habitants de Béjaïa semblent avoir oublié les mesures de précaution et les gestes barrières pour se protéger contre la pandémie.
- Les autorités sanitaires sont interpellées sur les raisons de ces comportements et sur les mesures à prendre pour lutter contre la propagation du virus.
- Le wali de Béjaïa a pris des mesures pour tenter de reprendre le contrôle de la situation et de sensibiliser les habitants à la nécessité de respecter les mesures de sécurité.