Une conférence sur le thème "Afrique, vers une nouvelle conscience culturelle" s'est tenue à l'espace Esprit du Panaf au SILA 2026. Les discussions ont porté sur les enjeux de la coopération entre l'Algérie et les pays du Sahel, ainsi que sur la réappropriation culturelle et la sauvegarde des langues africaines. Trois intervenants venus du Niger, du Tchad et du Nigeria ont pris part à cette rencontre.

Le militant nigérien Amadou Oumarou a souligné l'importance pour les peuples africains de reprendre en main leur destin politique et culturel. Il a mis en valeur le rôle des dirigeants dans l'affirmation de la souveraineté des États et la résistance aux influences extérieures. Selon lui, un peuple qui ne dispose pas de dirigeants engagés ne peut jamais être véritablement fort.

Amadou Oumarou a également défendu les choix des autorités nigériennes et salué le soutien de l'Algérie, notamment sur le plan sécuritaire. Il a présenté l'intervention algérienne comme un appui éminemment efficient et incontournable à la stabilité régionale. Le militant a rappelé que l'Algérie avait toujours privilégié des relations diplomatiques basées sur le respect de la souveraineté de ses voisins.

Le chercheur tchadien N'Djerabé Mbaikoua Yves a axé son intervention sur les rapports entre conscience culturelle, langage et construction de la pensée. Il a proposé de parler plutôt d'"intelligence mécanique" et mis en garde contre les dérives d'un panafricanisme exclusif et défensif. Il a également appelé à dépasser les représentations qui enferment les Africains dans une opposition entre émotion et raison.

Le chercheur nigérian Mustapha Ibrahim Chaib a développé la dimension numérique de cette nouvelle conscience culturelle. Il a insisté sur l'importance d'intégrer les langues du continent dans les systèmes numériques, les grandes bases de données et les algorithmes, en vue d'éviter leur marginalisation, voire leur disparition.

Les intervenants ont également souligné l'importance de la coopération académique entre l'Algérie et les pays du Sahel, notamment dans le domaine de la formation des étudiants nigériens par les établissements algériens. Cette coopération vise à réduire la dépendance technologique et intellectuelle héritée de la période coloniale.

La conférence a été modérée par le politologue Dr Abdelkader Soufi et a constitué la dernière conférence inscrite au programme de l'espace Esprit du Panaf, à l'occasion du SILA 2026. Les discussions ont montré l'importance de la réappropriation culturelle et de la sauvegarde des langues africaines à l'ère de l'intelligence artificielle.

Key points

  • La conférence a souligné l'importance de la coopération culturelle et de la sauvegarde des langues africaines à l'ère de l'intelligence artificielle.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.