Le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, à travers le Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA), en collaboration avec le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, a officiellement lancé le concours national de plaidoirie en droit d’auteur. Placée sous le thème « Plaider pour le créateur », cette compétition réunira huit universités disposant d’une filière juridique ainsi que des structures professionnelles du droit.
Chaque université sera représentée par trois étudiants et un encadreur. La cérémonie s’est déroulée sous la présidence de Youssouf Boundou Sylla, secrétaire général du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, en présence de Moussa Fofana, directeur général du BGDA. À cette occasion, ce dernier a affiché une ambition : faire de la Guinée un carrefour des concours internationaux de plaidoirie en droit d’auteur.
Depuis sa nomination à la tête du BGDA, en janvier 2025, Moussa Fofana et son équipe ont engagé plusieurs réformes visant à améliorer les conditions de vie des créateurs et à renforcer le recouvrement des droits d’auteur. Malgré ces efforts, la protection des intérêts des artistes reste confrontée à de nombreux obstacles, notamment le piratage des œuvres.
Le directeur général du BGDA a alerté sur l’ampleur du piratage en Guinée, citant des chiffres éloquents. En 2023, le BGDA a recouvré 3 milliards de francs guinéens de droits. En 2024, ce montant est passé à 4 milliards 250 millions, puis à 13 milliards en 2025. Il a souligné que le piratage peut engendrer des pertes économiques importantes et mis en évidence les difficultés auxquelles sont confrontés les artistes et son institution dans la protection des droits d’auteur.
Pour Moussa Fofana, le droit d’auteur demeure encore peu respecté en Guinée, malgré l’existence d’un cadre juridique destiné à protéger les créateurs. L’article 116 de la loi L/028 du 7 juin 2019 définit la contrefaçon comme toute reproduction, adaptation ou utilisation d’une œuvre en violation des dispositions de cette loi. Les personnes reconnues coupables encourent jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 20 millions de francs guinéens d’amende.
Le Dr Ansoumane Sacko, doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de Sonfonia, a rappelé l’importance de la création dans le développement de la société. Selon lui, le droit d’auteur ne constitue pas une faveur accordée aux créateurs, mais une reconnaissance juridique de leur travail intellectuel et artistique. Il a notamment insisté sur la nécessité de mieux protéger les auteurs, dont les contributions enrichissent le patrimoine culturel, artistique et intellectuel de la communauté humaine.
Moussa Fofana et son équipe espèrent que cette première édition du concours vise également à positionner la Guinée sur la scène internationale en matière de promotion et de protection du droit d’auteur. Ils ambitionnent de faire de la Guinée le carrefour des concours internationaux de plaidoirie en droit d’auteur et d’attirer, dans les prochaines années, des universités d’autres pays autour de cette compétition.
Key points
- Le BGDA a recouvré 13 milliards de francs guinéens de droits d'auteur en 2025.
- Le concours national de plaidoirie en droit d’auteur réunira huit universités guinéennes.
- La Guinée ambitionne de devenir un carrefour des concours internationaux de plaidoirie en droit d’auteur.