Les États-Unis ont fortement renforcé leurs sanctions contre le secteur aérien de l’Iran en septembre. Le département américain du Trésor a sanctionné 36 cibles liées à l’aviation iranienne, parmi lesquelles 27 compagnies aériennes du pays qui n’étaient pas encore concernées par ces mesures. Selon le Trésor américain, des transporteurs participeraient à des opérations logistiques liées aux forces iraniennes et à l’acheminement de cargaisons interdites.
La Chine, partenaire économique majeur de Téhéran, rejette toutefois cette pression américaine et qualifie ces sanctions d’illégales. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a averti que les entreprises étrangères continuant à fournir certains services aux compagnies iraniennes sanctionnées pourraient à leur tour être exposées à des mesures américaines. Les fournisseurs de carburant, les services aéroportuaires et les entreprises participant à la vente de billets sont concernés.
La réponse de Pékin est arrivée mardi 22 septembre. Interrogé sur les mesures américaines et leurs conséquences possibles pour les vols iraniens à destination de la Chine, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a réaffirmé la position de son gouvernement. « La Chine s’oppose systématiquement aux sanctions unilatérales illégales qui ne reposent ni sur le droit international ni sur une autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies », a déclaré le diplomate.
Pékin n’a cependant pas indiqué si les vols iraniens concernés par les mesures américaines continueraient à être accueillis dans ses aéroports. La question concerne directement les liaisons entre les deux pays puisque Mahan Air, compagnie iranienne sanctionnée par Washington depuis plusieurs années, dessert des villes chinoises, dont Canton et Shanghai.
Les liens entre Pékin et Téhéran dépassent le secteur aérien. Les deux pays ont établi un partenariat stratégique global en 2016 avant de signer, en 2021, un programme de coopération à long terme dont l’application a officiellement débuté l’année suivante. L’accord couvre plusieurs domaines, parmi lesquels l’énergie, les infrastructures, les investissements et le commerce.
Selon les données du ministère chinois des Affaires étrangères, les échanges bilatéraux ont atteint 9,96 milliards de dollars en 2025, puis 1,56 milliard au premier trimestre 2026. Le pétrole occupe une place importante dans cette relation. Selon des données de Kpler rapportées par Reuters, la Chine a absorbé plus de 80 % des exportations iraniennes de brut en 2025, pour un volume avoisinant 1,4 million de barils par jour.
Le désaccord intervient alors que le président américain Donald Trump doit rencontrer son homologue chinois Xi Jinping cette semaine à Washington. Les relations commerciales, Taïwan et les rapports économiques entre la Chine et l’Iran figurent parmi les sujets entourant les discussions entre les deux puissances. Pour Pékin, la ligne officielle reste celle du maintien de ses relations avec Téhéran et du rejet des sanctions américaines décidées unilatéralement.
Key points
- La Chine s’oppose aux sanctions américaines contre l’Iran.
- Les États-Unis ont renforcé leurs sanctions contre le secteur aérien de l’Iran.
- Les relations économiques entre la Chine et l’Iran restent solides malgré les sanctions américaines.