Aurore Mélanie Gros Coissy, une ressortissante française de 39 ans, a été arrêtée le 19 août 2011 à l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam, à son arrivée de France. Lors d’une fouille de ses bagages, la police avait découvert deux boîtes de biscuits dissimulées dans un sac en plastique vert, contenant 1 673 comprimés de Subutex. Elle a été poursuivie devant la Cour d’assises pour importation de drogues dangereuses.
Lors de son procès, Gros Coissy a constamment clamé son innocence, affirmant ignorer la présence des comprimés dans sa valise et avoir fait confiance à Tinsley Cornell, qui avait eu accès à ses bagages. Elle avait été condamnée le 30 janvier 2015 à 20 ans de prison et à une amende de Rs 50 000, mais avait fait appel de ce verdict. La Cour suprême l’a acquittée en appel le 25 novembre 2015.
La Cour suprême a estimé que l’appréciation des éléments de preuve en première instance était entachée d’erreurs et que les éléments au dossier ne permettaient pas d’établir, au-delà du doute raisonnable, qu’elle connaissait la présence des drogues dans sa valise. Depuis son acquittement, Gros Coissy affirme avoir subi des préjudices, notamment une perte de liberté, des atteintes à sa réputation et à sa dignité, ainsi que des préjudices personnels et professionnels.
Dans une mise en demeure rédigée par Me Yogesh Bissessur, avoué, Gros Coissy réclame Rs 25 millions à l’État mauricien pour les préjudices qu’elle affirme avoir subis. Elle estime que les autorités mauriciennes auraient dû accorder davantage d’attention à certains aspects de sa défense et aux circonstances entourant le rôle de Tinsley Cornell.
Récemment, Gros Coissy a fait état d’un nouvel élément : Tinsley Cornell a été reconnu coupable et condamné en France, le 4 septembre 2026, devant le Tribunal de Bobigny, à deux ans d’emprisonnement et à une amende de 15 000 euros. Elle considère cette condamnation comme directement pertinente, puisqu’elle concerne la personne qu’elle avait désignée dès le départ comme ayant eu accès à ses bagages.
Gros Coissy demande à l’État mauricien de reconnaître les préjudices qu’elle a subis et de l’indemniser pour les années qu’elle estime avoir perdues. Sa demande de Rs 25 millions à titre de dommages vise notamment à réparer ces préjudices. L’État mauricien n’a pas encore réagi à cette demande.
L’affaire Gros Coissy contre l’État mauricien est un exemple de la complexité des affaires de drogue et des conséquences pour les personnes impliquées. Trois points clés ressortent de cette affaire : l’acquittement de Gros Coissy en appel, les préjudices qu’elle affirme avoir subis et la condamnation de Tinsley Cornell en France.
Key points
- Une Française de 39 ans réclame Rs 25 millions à l’État mauricien pour les préjudices subis après son acquittement dans une affaire de drogue.
- La Cour suprême a acquitté Gros Coissy en appel en 2015, estimant que les éléments de preuve étaient entachés d’erreurs.
- Tinsley Cornell, impliqué dans l’affaire, a été condamné en France à deux ans d’emprisonnement et à une amende de 15 000 euros.