Les travaux du Forum « L’intelligence artificielle au service de la justice économique » se sont achevés, jeudi à Tunis. Cet événement, organisé par le HiiL (Institut de La Haye pour l’innovation juridique) et le Registre National des Entreprises (RNE), a réuni des représentants des secteurs public et privé. Des experts en intelligence artificielle et en transformation numérique, ainsi que des représentants d’entreprises et de startups, ont également pris part à cette rencontre.
Les discussions ont porté sur l’utilisation de l’intelligence artificielle et du numérique pour améliorer les procédures administratives et fiscales. L’objectif est d’améliorer l’accès des entreprises à l’information et aux services, réduire les litiges et renforcer la productivité. Les micro, petites et moyennes entreprises devraient particulièrement bénéficier de ces avancées. Le secteur privé a souligné l’importance de l’égalité d’accès à l’information économique pour la justice économique.
Le président de CONECT, Aslan BenRjeb, a souligné qu’environ 97 % des opérateurs économiques en Tunisie sont des micro et petites entreprises. Selon lui, la justice économique passe notamment par l’égalité d’accès à l’information économique. Il a appelé au développement d’outils numériques simples, accessibles et adaptés aux besoins des différentes catégories d’entrepreneurs.
Le directeur informatique du RNE, Adel Hajri, a indiqué que le Registre s’oriente vers une numérisation complète de ses services. Le développement d’outils d’intelligence artificielle permettra d’aider les entrepreneurs dans le choix des dénominations et dans la compréhension des procédures et des documents requis. L’interopérabilité entre les administrations et l’adoption d’un identifiant unique pour le citoyen et l’entreprise sont également cruciales.
La digitalisation a déjà montré des résultats positifs. Le représentant de la Direction générale des impôts, Mohamed Naqqach, a souligné que la digitalisation de la déclaration de l’employeur à distance via la plateforme TEJ a permis à l’administration d’économiser près de 8 000 journées de travail. Cela équivaut à environ 50 emplois. Les avancées dans l’interconnexion entre la Direction générale des impôts et le RNE sont également notables.
Les participants ont souligné l’importance de la mise en place d’un centre national de données et du développement de capacités tunisiennes en intelligence artificielle. Cela permettrait de renforcer la maîtrise nationale des données et leur utilisation au service de l’amélioration des services publics. La directrice du bureau du HiiL en Tunisie, Rajaa Mezah, a rappelé que l’intelligence artificielle ne remplace pas l’administration ou les professionnels du droit, mais les accompagne dans leur mission.
L’intelligence artificielle sera utilisée pour améliorer l’efficacité des services publics sans remplacer la décision humaine. Les résultats du forum devraient encourager la poursuite des efforts pour intégrer l’intelligence artificielle dans les services publics en Tunisie. Les participants ont montré leur engagement à poursuivre la discussion et la collaboration pour que l’intelligence artificielle serve la justice économique en Tunisie.
Key points
- Le développement d’outils numériques pour les entreprises
- L'interopérabilité entre les administrations
- La digitalisation des services publics