La dégradation des infrastructures en Tunisie est un facteur important qui freine le développement et l’investissement dans le pays. Selon Abdelbasset Sammari, cofondateur de la société Robobat Africa, cette situation entraîne des pertes pouvant atteindre 60 à 80 % pour les entreprises. Il a souligné que la Tunisie dispose de compétences, mais que l’absence d’une décision politique et d’une vision stratégique claires entrave le processus de développement.

Les coûts de production et de la logistique sont également des facteurs qui pèsent sur les entreprises en Tunisie. Les taxes liées aux carburants et aux ports, les coûts d’assurance et de transport international ainsi que les prix du pétrole contribuent à rendre le climat des affaires difficile. Abdelbasset Sammari a affirmé que cette accumulation de charges rend nécessaire le « compter sur soi-même » pour les entreprises.

Abdelbasset Sammari a appelé la Banque centrale à orienter davantage les financements vers les secteurs productifs. Il a cité le secteur des phosphates, estimant qu’un investissement de 11 milliards de dinars dans cette activité pourrait permettre à la Tunisie de retrouver une place dans la compétition mondiale. Il a également critiqué la pression fiscale excessive de l’État, qui rendrait la concurrence difficile pour les entreprises.

Les procédures administratives traditionnelles sont également un obstacle à l’investissement en Tunisie. Abdelbasset Sammari a estimé que les délais de ces procédures, qui peuvent s’étendre sur plusieurs années, sont l’un des principaux obstacles à l’investissement. Il a considéré que le ministère des Finances est devenu un obstacle majeur plutôt qu’un soutien pour les entreprises.

Sur le financement bancaire, Abdelbasset Sammari a estimé que les banques privilégient l’achat de titres de l’État, bénéficiant de rendements garantis, au détriment du financement des projets économiques. Selon lui, cette orientation réduit les possibilités de financement des entreprises et ne permet pas de soutenir suffisamment une croissance fondée sur l’investissement et la production.

Abdelbasset Sammari a évoqué plusieurs pistes pour améliorer la situation économique en Tunisie. Parmi ces pistes figure le règlement des dettes croisées entre l’État et les entreprises publiques. Il a également appelé à s’attaquer à l’économie parallèle, estimée à 40 % de l’économie tunisienne, en généralisant les systèmes de paiement électronique.

Enfin, Abdelbasset Sammari a affirmé que le taux de croissance en Tunisie a cessé de progresser en 2003 et 2004. Il a également souligné que le taux d’épargne a reculé à 6 %. La situation économique en Tunisie nécessite, selon lui, une vision stratégique claire et des décisions politiques pour soutenir le développement et l’investissement.

Key points

  • La dégradation des infrastructures en Tunisie entraîne des pertes pouvant atteindre 60 à 80 % pour les entreprises.
  • Les coûts de production et de la logistique pèsent sur les entreprises en Tunisie.
  • Abdelbasset Sammari appelle à s’attaquer à l’économie parallèle et à généraliser les systèmes de paiement électronique.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.