L'Éthiopie a expulsé six diplomates soudanais, ce qui a entraîné l'expulsion de diplomates éthiopiens par Khartoum. Deux sources au sein du gouvernement soudanais ont confirmé cette information à l'AFP. Le gouvernement soudanais accuse Addis Abeba de soutenir ses rivaux paramilitaires, les Forces de soutien rapide (FSR). L'armée soudanaise affirme régulièrement que l'Éthiopie soutient les FSR, qu'elle combat depuis avril 2023.
Le 2 novembre, l'Éthiopie a déclaré que les employés du consulat soudanais à Asosa, dans la région du Benishangul, à la frontière entre les deux pays, étaient persona non grata et leur a donné 48 heures pour quitter son territoire. Un responsable au sein du gouvernement soudanais a dénoncé une « escalade ». Cette décision a été prise après que le Soudan a annoncé avoir saisi le Conseil de sécurité de l'ONU et l'Union Africaine, accusant l'Éthiopie d'« agression flagrante ».
En réponse, Khartoum a informé le personnel du consulat éthiopien de Gedaref, près de la frontière avec le pays voisin, qu'il était persona non grata et lui a donné 48 heures pour quitter le territoire. Les autorités éthiopiennes n'ont pas répondu à une demande de commentaires de l'AFP dans l'immédiat. Le Conseil souverain de transition, dirigé par l'armée soudanaise, a publié un rapport détaillant les attaques menées depuis l'Éthiopie.
Selon le rapport, 70 attaques ont été recensées entre le 15 février et le 27 octobre, impliquant 187 drones kamikazes et 82 munitions tirées depuis des drones en provenance de l'Éthiopie. Ces attaques ont fait 484 victimes civiles, tuées ou blessées. Le Soudan accuse l'Éthiopie de soutenir les FSR, qui sont engagées dans un conflit contre l'armée soudanaise depuis avril 2023.
Dans la nuit de mardi à mercredi, des Soudanais d'El-Damazin, la capitale de l'État du Nil Bleu située juste de l'autre côté de la frontière avec Asosa, ont déclaré avoir entendu des frappes de drones pendant la nuit. En 2026, les FSR ont progressé vers El-Damazin lors d'une offensive qui a provoqué le déplacement d'environ 100 000 personnes, dont près de la moitié a trouvé refuge dans la ville, selon l'ONU.
Depuis le début du conflit, la guerre a fait plus de 200 000 morts, selon les estimations des travailleurs humanitaires, et a provoqué l'une des plus graves crises de famine et de déplacements de populations au monde. L'Éthiopie rejette les accusations du Soudan et accuse son voisin de soutenir des rebelles liés au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), ce que Khartoum dément.
Les tensions entre l'Éthiopie et le Soudan sont exacerbées par les accusations mutuelles de soutien à des groupes rebelles. Les expulsions de diplomates sont une nouvelle manifestation de ces tensions, qui pourraient avoir des conséquences sur la stabilité de la région. Les deux pays ont intérêt à trouver une solution pacifique pour éviter une escalade de la violence.
Key points
- L'Éthiopie a expulsé six diplomates soudanais en réponse aux accusations de soutien aux FSR.
- Le Soudan a riposté en expulsant des diplomates éthiopiens.
- Les tensions entre les deux pays sont exacerbées par les accusations mutuelles de soutien à des groupes rebelles.