Au moins 25 personnes ont été tuées jeudi et vendredi 30 octobre dans deux frappes de drones dans le nord de l'Éthiopie, selon des témoins, des sources médicales et l'ONG Acled. La première frappe a visé un camp de déplacés dans la région de l'Amhara, tandis que la seconde a frappé une localité du Tigré, près de la frontière avec l'Érythrée. Ces frappes, attribuées aux forces fédérales, interviennent alors que l'armée combat plusieurs groupes armés dans le nord du pays.
Selon des témoins, la première frappe a eu lieu jeudi dans la région de l'Amhara, à Hayk, à environ 400 km de la capitale éthiopienne, Addis Abeba. Des frappes de drones ont été effectuées l'une après l'autre, tuant au moins 14 personnes, dont des enfants, selon des témoignages recueillis par l'AFP. Les déplacés sont originaires de l'Oromia, région voisine de l'Amhara et la plus peuplée du pays.
La seconde frappe a eu lieu vendredi à Rama, dans la région du Tigré, près de la frontière érythréenne. Un drone a touché des gens qui ramassaient le grain d'un véhicule ciblé la veille, tuant 13 personnes, selon un témoin qui a requis l'anonymat. Une source médicale a confirmé que 11 corps ont été apportés à l'hôpital et que la frappe a également fait au moins six blessés graves.
L'ONG Acled a affirmé que dans cette frappe, attribuée aux forces fédérales, 12 civils ont été tués et un nombre indéterminé ont été blessés. Acled a également indiqué que dans la frappe de l'Amhara, entre 16 et 23 personnes ont été tuées, et un nombre inconnu de personnes ont été blessées. Les Fano, les milices d'autodéfense de l'ethnie amhara, sont actifs dans les zones environnantes.
Les forces fédérales éthiopiennes ont procédé à de nombreuses frappes de drones ces derniers mois dans la région septentrionale du Tigré contre les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Le gouvernement fédéral éthiopien a mené ces frappes dans le cadre de sa lutte contre les groupes armés qui menacent la stabilité du pays.
Les Fano et l'OLA, l'Armée de libération oromo, ont formé fin septembre une alliance militaire avec plusieurs autres groupes armés éthiopiens, notamment le TPLF, dont le but est de renverser le gouvernement fédéral, dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed. Après des conquêtes territoriales initiales dans le nord du pays, les Fano et les forces du TPLF ont dû se replier, repoussées par les frappes de l'armée fédérale.
Le porte-parole de l'armée fédérale éthiopienne n'a pas donné suite à une demande de commentaire de l'AFP. Les Nations unies ont publié en juillet des chiffres montrant que près d'un demi-million de personnes sont déplacées dans la région de l'Amhara. Les forces d'Addis Abeba ont mené ces dernières années de nombreuses frappes de drones en Amhara, deuxième région la plus peuplée d'Éthiopie avec plus de 20 millions d'habitants.
Key points
- Au moins 25 personnes tuées dans deux frappes de drones dans le nord de l'Éthiopie.
- Les frappes, attribuées aux forces fédérales, ont visé un camp de déplacés dans la région de l'Amhara et une localité du Tigré.
- Les Fano et l'OLA ont formé une alliance militaire avec le TPLF pour renverser le gouvernement fédéral.