Le président russe Vladimir Poutine a plaidé jeudi pour une représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU. Devant les dirigeants et représentants africains réunis à Moscou, il a jugé « injuste » l’absence de l’Afrique parmi les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. Poutine a estimé que le poids politique et économique du continent ne cessait de croître.

Le président russe a présenté la Russie et l’Afrique comme des « alliés naturels » dans la construction d’un ordre mondial multipolaire. Il souhaite un ordre mondial affranchi de toute domination d’un groupe restreint de puissances. Poutine a réaffirmé son soutien à une meilleure représentation des États africains dans les principales organisations internationales.

Le chef du Kremlin a souligné l’importance du règlement des crises qui frappent le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Il a affirmé que la résolution des crises au Sahel est extrêmement importante, non seulement pour l’Afrique, mais peut-être même pour le monde entier. Le président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a appelé à renforcer la coopération internationale contre le terrorisme et les conflits armés sur le continent.

Sur le plan économique, Poutine a mis en avant le développement des échanges commerciaux en monnaies nationales. Il a affirmé que le rouble représentait désormais 85 % des transactions commerciales entre la Russie et les pays africains. Ces mécanismes de règlement permettent de réduire la dépendance aux circuits financiers internationaux exposés aux sanctions et aux tensions géopolitiques.

Le président russe a assuré que les entreprises de son pays privilégiaient des partenariats fondés sur l’investissement local, le transfert de technologies et la création d’emplois. Il a cité les secteurs de l’énergie, du nucléaire civil, des mines, des infrastructures et de la logistique parmi les principaux domaines de coopération. Évariste Ndayishimiye a invité les entreprises russes à accroître leurs investissements sur le continent.

Poutine a proposé de renforcer la coopération agricole, estimant que l’Afrique pourrait assurer sa sécurité alimentaire et devenir un exportateur majeur de produits agricoles. Il a réaffirmé la disponibilité de Moscou à partager ses technologies et son expertise dans ce domaine. Le président russe a également annoncé que le Botswana, les Seychelles et le Togo envisageaient d’ouvrir prochainement des ambassades à Moscou.

Le sommet a réuni plus de 3.500 participants venus de 74 pays. Le troisième sommet Russie–Afrique doit permettre de définir les priorités du partenariat russo-africain pour la période 2027-2029. Le Tchad y est représenté par son ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Kogri.

Key points

  • Poutine plaide pour une représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU
  • La résolution des crises au Sahel est extrêmement importante pour l’Afrique et le monde entier
  • La Russie et l’Afrique sont des « alliés naturels » dans la construction d’un ordre mondial multipolaire

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.