À l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée sous le thème « À l'écoute de l'expérience vécue : des voix authentiques pour un réel changement », les autorités tchadiennes ont mis en avant la nécessité d'améliorer la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux. Le thème de cette journée met en lumière l'importance de prendre en compte les expériences vécues des personnes affectées pour impulser un changement significatif.
Selon les estimations de l'Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME), environ 14,1 % de la population tchadienne présentait un trouble mental en 2023. Cependant, ces estimations ne reposent pas sur une enquête nationale récente permettant de mesurer directement la prévalence dans le pays. L'absence de données nationales consolidées complique ainsi l'évaluation des besoins et la planification des réponses sanitaires.
Les défis liés à la santé mentale au Tchad sont multiples. La stigmatisation dont sont victimes les personnes souffrant de troubles mentaux constitue un obstacle majeur. Le rejet social et parfois l'abandon peuvent les éloigner des structures de soins et compliquer leur rétablissement ainsi que leur réinsertion sociale. Dans l'est du pays, notamment dans les zones accueillant des réfugiés, les besoins en matière de santé mentale et de soutien psychosocial sont également importants.
Pour les autorités sanitaires, la santé mentale constitue un enjeu majeur, particulièrement dans un contexte marqué par les crises et les difficultés sociales. La secrétaire générale du ministère de la Santé publique et de la Prévention, Dr Nodjitoloum Toralta Joséphine, a souligné l'impact considérable des troubles mentaux et neurologiques sur le continent africain.
Dr Nodjitoloum Toralta Joséphine a également alerté sur les risques liés à la consommation précoce d'alcool et de drogues chez les jeunes, qu'elle considère comme une menace pour la jeunesse et l'avenir du pays. Face à ces défis, le ministère de la Santé publique et de la Prévention insiste sur la nécessité de renforcer les moyens consacrés à la santé mentale et d'améliorer l'accès aux soins.
Le ministère de la Santé publique et de la Prévention salue également le travail des psychologues, des travailleurs sociaux et des équipes médicales sur le terrain, ainsi que l'appui des partenaires techniques et financiers. La décentralisation des services figure parmi les principales orientations annoncées par les autorités, afin de rapprocher les soins des populations.
Pour concrétiser ces orientations, deux engagements majeurs ont été annoncés : la décentralisation des soins de santé mentale et l'organisation du premier Forum national sur la santé mentale. Ce forum devrait réunir des experts, des personnes concernées et des décideurs afin de poser les bases d'un plan d'action durable en faveur de la santé mentale au Tchad.
Key points
- Les autorités tchadiennes soulignent la nécessité d'améliorer la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux.
- L'absence de données nationales consolidées complique l'évaluation des besoins et la planification des réponses sanitaires.
- La décentralisation des soins de santé mentale et l'organisation du premier Forum national sur la santé mentale sont annoncées pour améliorer la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux.