Le 3 novembre dernier, le chef de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) s'est rendu à Goma, dans l'Est du pays, pour rencontrer les leaders du Front pour la refondation de la nation (FRN), une coalition politico-militaire créée le 12 octobre dernier. Cette visite est considérée comme hautement symbolique, car elle marque la première rencontre officielle entre les Nations unies et le FRN depuis sa création. Le FRN est une coalition qui regroupe des mouvements rebelles, dont l'ancien chef de l'Etat congolais, Joseph Kabila.

La rencontre entre le chef de la MONUSCO et les leaders du FRN, dont Joseph Kabila, Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, a duré de longues heures. Selon des sources proches de la rencontre, le représentant spécial par intérim du Secrétaire général de l'ONU en RDC a insisté sur l'importance des processus de paix, du respect du cessez-le-feu et de la recherche d'une solution pacifique au conflit. Cette démarche est considérée comme un message indirect à Félix Tshisekedi, le président de la République démocratique du Congo, qui cherche à rétablir la paix dans le pays.

La visite du chef de la MONUSCO est considérée comme une reconnaissance de la part des Nations unies du FRN comme une entité avec laquelle il faut compter dans la recherche de paix en RDC. Cette démarche est à saluer, car elle vise à rétablir le dialogue avec des acteurs clés qui ont leur mot à dire dans la résolution de la crise congolaise. Les Nations unies semblent miser sur la carte du dialogue comme moyen de recherche de solution à la crise, contrairement à certains pays qui pensent que la solution réside dans les sanctions robustes prises contre les leaders du mouvement rebelle.

L'Union africaine (UA) semble partager la même vision que les Nations unies. En effet, l'organisation panafricaine avait dépêché une délégation de son Panel des facilitateurs à Goma, quelques jours seulement avant le lancement du FRN, pour rencontrer la Direction de l'AFC/M23. Ces démarches tiendront-elles la promesse de l'espoir suscité ? On attend de voir. Mais quoi qu'il en soit, c'est un message indirect que la communauté internationale envoie au président de la République qui ne veut pas voir son prédécesseur et ses alliés.

La solution à la crise congolaise dépend en grande partie de Félix Tshisekedi. Le succès du dialogue social qu'il prône et présente comme l'ultime solution pour rétablir une vraie cohésion sociale dans le pays dépend de sa seule volonté d'inclure tous les acteurs, y compris les leaders du groupe politico-militaire, dans ce processus. Son projet de changement constitutionnel, avec en ligne de mire son troisième mandat, cristallise les tensions au pays.

Toutes les oppositions ainsi que les leaders de la coalition politico-militaire du FRN se sont unis pour dire non à ce projet de changement constitutionnel. Ils sont prêts à tout pour empêcher Félix Tshisekedi de commettre cette forfaiture. Il est temps que Félix Tshisekedi comprenne que la paix en RDC compte plus que sa boulimie du pouvoir.

La communauté internationale semble jouer un rôle important dans la recherche de paix en RDC. Les Nations unies, l'Union africaine et d'autres organisations internationales doivent continuer à œuvrer pour une solution pacifique à la crise congolaise. Le peuple congolais attend beaucoup de ses dirigeants et de la communauté internationale pour mettre fin à la crise qui secoue le pays depuis des années.

Key points

  • La communauté internationale envoie un message indirect à Félix Tshisekedi pour l'inviter à dialoguer avec les leaders du FRN.
  • La solution à la crise congolaise dépend en grande partie de la volonté de Félix Tshisekedi d'inclure tous les acteurs dans le processus de paix.
  • Les Nations unies et l'Union africaine semblent partager la même vision pour une solution pacifique à la crise congolaise.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.