La Banque mondiale a présenté son nouveau rapport sur la situation économique de la République démocratique du Congo, édition d'octobre 2026, intitulé « Le chaînon manquant : de la croissance des entreprises à la création d’emplois ». La cérémonie s'est déroulée à l'Université pédagogique nationale en présence de la rectrice de l'UPN, la professeure ordinaire Yvonne Ibebeke Bomangwa Saila, et de Justin Kalumba Mwana Ngongo, ministre d'État, ministre de l'Industrie ad intérim et ministre de l'Entrepreneuriat et du Développement des petites et moyennes entreprises.

Le rapport met en évidence les défis auxquels fait face l'économie congolaise, notamment la faiblesse de la création d'emplois, la prédominance du secteur informel et les difficultés rencontrées par les petites et moyennes entreprises pour développer leurs activités et accéder à une croissance durable. La RDC aborde l'année 2026 avec des fondamentaux macroéconomiques relativement solides, mais la croissance perd de son élan et reste inférieure à la trajectoire requise pour atteindre les ambitions de développement à long terme du pays.

La croissance réelle du PIB s'est atténuée, passant de son pic récent de 9,3 % en 2022 à 5,7 % en 2025. L'inflation a fortement chuté, le taux de change s'est stabilisé et le déficit du compte courant s'est réduit. L'économie a continué de se développer malgré les conflits et les chocs externes répétés, mais cette résilience ne doit pas masquer une trajectoire de croissance affaiblie.

Les taux de croissance actuels restent inférieurs à ceux associés aux ambitions du gouvernement pour la Vision 2050. Combler cet écart nécessitera de préserver la stabilité macroéconomique, mais aussi d'accélérer la productivité, la diversification et la croissance du revenu par habitant. La lenteur de la création d'emplois continue de poser un sérieux défi pour un pays à la population jeune et en forte croissance.

La Banque mondiale souligne que l'impact des chocs se matérialise déjà par la hausse des coûts d'importation, l'augmentation de l'inflation et la montée des pressions budgétaires. La RDC est particulièrement vulnérable à la hausse des prix du pétrole en tant qu'importatrice nette de produits pétroliers raffinés. L'épidémie d'Ebola en cours représente un risque supplémentaire à la baisse.

La croissance devrait ralentir à environ 5,4 % en 2026, ce qui risque de freiner davantage la création d'emplois et la réduction de la pauvreté. Le rapport rappelle que la hausse du coût des carburants pèse sur la balance commerciale, les prix intérieurs et les coûts de production. L'agriculture et le petit commerce et les services informels sont particulièrement vulnérables.

Le principal défi structurel de la RDC est de transformer une croissance tirée par les mines en une croissance portée par des entreprises plus productives et davantage créatrices d'emplois. Le secteur informel représente environ 90 % de l'emploi et plus de 99 % des entreprises. Le « chaînon manquant » d'entreprises de taille moyenne limite l'expansion de l'emploi salarié et ralentit le déplacement de la main-d'œuvre de l'agriculture à faible productivité et des activités informelles vers des emplois plus productifs.

Key points

  • La Banque mondiale met en évidence les défis auxquels fait face l'économie congolaise, notamment la faiblesse de la création d'emplois et la prédominance du secteur informel.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.