Un analyste culturel, Winan Mignon, a lancé un plaidoyer pour la réforme du régime de déclaration et de répartition des droits dans les œuvres musicales de la rumba congolaise. Selon lui, il est nécessaire de mieux prendre en compte les différentes contributions créatives au sein des orchestres. Mignon a fait cette déclaration à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), devant l'Agence congolaise de presse (ACP).
Winan Mignon a souligné que dans la pratique musicale de la rumba congolaise, la personne généralement désignée comme auteur-compositeur d’une chanson n’est pas nécessairement la seule à avoir contribué à sa création. Il estime ainsi nécessaire de distinguer l’initiateur de l’œuvre des personnes ayant apporté une contribution créative à sa composition, à son arrangement ou à son interprétation.
L'analyste a proposé que l'initiateur est celui qui est à l’origine du projet musical et peut avoir apporté le texte ou la mélodie. La création peut ensuite être enrichie par les musiciens de l’orchestre à travers des lignes de guitare solo, l’accompagnement, la basse, la batterie, les percussions, les cuivres, les introductions ou encore les transitions.
Mignon a relevé que la question juridique fondamentale consiste à déterminer, pour chaque œuvre, si ces contributions constituent de simples prestations d’exécution ou si elles présentent un caractère suffisamment créatif pour participer à la composition ou à l’arrangement. Il propose que le système de déclaration devrait permettre d’identifier les différentes contributions ayant participé à la création d’une œuvre.
Selon l'analyste, lorsque l’intervention d’un guitariste, d’un bassiste, d’un batteur ou d’un musicien de la section des vents constitue une véritable contribution créative, cette personne devrait pouvoir être identifiée dans la déclaration selon la qualification juridique correspondant à la nature de son apport. Il cite la chanson « Beli Mashakado », dont Mbuta Mashakado est présenté comme l’auteur-compositeur déclaré et l’initiateur.
L'analyste a donné plus de détails sur la chanson « Beli Mashakado », qui aurait également impliqué plusieurs instrumentistes, notamment Pépé Felly Manuaku à la guitare solo, Teddy Sukami à la guitare d’accompagnement, Oncle Bapius Muaka à la basse, Ilo Pablo Bakunde à la batterie et DV Moanda aux percussions. Il estime que si ces contributions constituent des apports créatifs originaux, elles devraient pouvoir être prises en considération dans la détermination des titulaires des droits.
Enfin, Winan Mignon a conclu que l’arrangement, dans la rumba congolaise, résulte fréquemment d’un travail collectif au sein de l’orchestre. Il conviendrait donc, lorsqu’un arrangeur est identifiable, que celui-ci soit expressément déclaré et, lorsque l’arrangement résulte d’un travail collectif, que le système permette d’identifier les participants.
Key points
- La réforme du régime de déclaration et de répartition des droits musicaux est nécessaire.
- Les différentes contributions créatives au sein des orchestres doivent être prises en compte.
- Le système de déclaration devrait permettre d’identifier les différentes contributions ayant participé à la création d’une œuvre.