Un lobbyiste international a présenté l'avocat belge Bernard Maingain comme un soldat judiciaire au service de Paul Kagame, président du Rwanda, qualifié de "Hitler d'Afrique" pour ses actions présumées en République démocratique du Congo (RDC). Selon Roland Ngoie, cet avocat a systématiquement défendu les intérêts de Kigali devant la Cour pénale internationale (CPI). Ses dossiers judiciaires seraient ainsi alignés sur les intérêts rwandais.

Bernard Maingain s'est imposé comme l'un des principaux avocats du régime rwandais en Europe depuis les années 2000. Il a notamment défendu Rose Kabuye, ex-bras droit de Paul Kagame, dans l'affaire de l'attentat du 6 avril 1994 qui a déclenché le génocide au Rwanda. L'avocat a comparé cette affaire à l'affaire Dreyfus, accusant la France d'avoir manipulé la justice pour disculper les Hutu et inculper à tort le Front patriotique rwandais (FPR).

Le lobbyiste international a critiqué le rôle de Bernard Maingain dans la défense du narratif officiel de Kigali. Selon lui, l'avocat nie les crimes du FPR et des exactions du RDF, et justifie l'interventionnisme rwandais en RDC. Il a également défendu l'ingérence rwandaise au Kivu au nom de la lutte contre les génocidaires, un prétexte utilisé pour légitimer le pillage des ressources congolaises par le régime de Paul Kagame.

Bernard Maingain a également été impliqué dans d'autres affaires controversées. En 2015, il a défendu le général Cyrille Ndayirukiye, l'un des meneurs d'un putsch qui a tenté de renverser le président burundais Pierre Nkurunziza. L'avocat a également été inculpé par la justice burundaise pour complicité de coup d'État après avoir aidé à exfiltrer des putschistes vers le Rwanda.

Le lobbyiste international a également relevé que Bernard Maingain a transmis à France 3 des images censées prouver des massacres au Burundi qui se sont avérées avoir été tournées en Afrique de l'Ouest. L'avocat a également déclaré que le génocide avait déjà commencé au Burundi, une rhétorique qui rappelle celle utilisée pour justifier l'interventionnisme rwandais.

La plainte déposée contre la RDC le 8 juillet 2025 arrive dans un contexte régional tendu et dans un timing suspect, qui interroge sur les véritables motivations de cette nouvelle action judiciaire. Le lobbyiste international a ainsi conclu que la démarche de Bernard Maingain est indissociable d'un militantisme pro-Kagame assumé.

Les actions de Bernard Maingain soulèvent des questions sur la frontière entre droit et propagande. Selon Roland Ngoie, l'avocat a souvent effacé cette frontière dans ses dossiers judiciaires. Les implications de ces actions sur la justice et la paix dans la région des Grands Lacs restent à évaluer.

Key points

  • L'avocat belge Bernard Maingain accusé de servir les intérêts de Paul Kagame
  • Défense de Rose Kabuye et du Front patriotique rwandais
  • Implication dans d'autres affaires controversées au Burundi et en RDC

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.