La société civile de la province du Sud-Kivu a récemment alerté le conseil de sécurité des Nations Unies sur la dégradation de la situation humanitaire et sécuritaire dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu. Selon cette structure, la situation est qualifiée de "catastrophe oubliée" qui a déjà fait près de 10 millions de morts depuis l'année passée. La société civile a souligné que dans le Sud-Kivu, 800 000 déplacés internes sont sans assistance depuis 6 mois.
La présidente de la société civile du Sud-Kivu, Néné Bintu, a indiqué que les défenseurs des droits humains sont menacés, arrêtés ou enlevés pour avoir documenté les massacres, dénoncé l'agression, les fosses communes, les taxes illégales et les barrières payantes. Les journalistes sont également réduits au silence, emprisonnés ou portés disparus pour avoir exposé les abus. La loi de 2023 sur la protection des défenseurs des droits humains n'est pas appliquée.
La société civile du Sud-Kivu a dénoncé les exactions commises par les groupes armés dans les zones sous leur contrôle. Selon cette structure, ces groupes commettent des assassinats, incendies, punitions collectives et maintiennent des cachots-mouroirs où les détenus sont privés de la visite de leurs familles. La société civile a également souligné que la guerre dans certaines zones n'est pas ethnique, mais plutôt économique, car des exploitants artisanaux extraient des minerais sous la contrainte de groupes armés.
La société civile du Sud-Kivu a proposé quatre actions pour améliorer la situation humanitaire et sécuritaire dans l'est de la RDC. Il s'agit de l'application urgente de la résolution 2773 sur la protection des civils, l'accès humanitaire inconditionnel, un dialogue incluant la société civile, notamment les femmes et les jeunes, pour préserver l'unité nationale et la cohésion sociale, et une justice économique et redevabilité contre ceux qui achètent les minerais de sang.
La société civile du Sud-Kivu a également demandé au conseil des Nations Unies d'exiger des multinationales qui achètent des minerais de la RDC qu'elles publient leurs audits de diligence raisonnable. Cette structure a plaidé pour un renforcement de l'assistance aux défenseurs des droits humains et à toutes les personnes qui cherchent à exposer les réalités vécues par les civils dans l'est de la RDC.
Le conseil de sécurité des Nations Unies a réitéré son appel au retrait immédiat et inconditionnel des forces rwandaises et à la cessation de tout soutien à l'AFC/M23. Le Conseil de sécurité a également pris note du protocole Kinshasa-FDLR et a appelé à sa mise en œuvre rapide pour neutraliser les FDLR.
La situation humanitaire et sécuritaire dans l'est de la RDC continue de se dégrader. Les groupes armés continuent de commettre des exactions contre les populations civiles, et les défenseurs des droits humains sont menacés. La communauté internationale est appelée à prendre des mesures pour améliorer la situation et à soutenir les efforts de la société civile pour protéger les droits humains et promouvoir la paix.
Key points
- La société civile du Sud-Kivu dénonce les tueries ciblées des populations et des défenseurs des droits humains dans l'est de la RDC.
- La situation humanitaire et sécuritaire dans l'est de la RDC continue de se dégrader.
- La société civile du Sud-Kivu propose quatre actions pour améliorer la situation humanitaire et sécuritaire dans l'est de la RDC.