L'Organisation des Nations unies (ONU) traverse une crise profonde du multilatéralisme, 81 ans après sa création en 1945. Selon l'ancien diplomate Ezzeddine Zayani, cette crise est manifeste à travers des rivalités féroces entre grandes puissances. Les bouleversements géopolitiques contemporains ont fragilisé les pratiques multilatérales. L'ONU subit ces mutations de plein fouet. Un consensus se dégage : l'Organisation est dépassée par les événements.

Le Secrétaire général Antonio Guterres a reconnu l'urgence de réformer le Conseil de Sécurité pour préserver un ordre mondial dont la légitimité s'effrite. Ezzeddine Zayani identifie trois chantiers parallèles engagés à cet effet. L'initiative « ONU80 », lancée en mars 2025, vise à gagner en efficacité, réévaluer les mandats existants et adapter l'architecture organisationnelle. Cette réforme est de nature purement administrative et devrait se traduire par des suppressions de postes.

Le Pacte de l'avenir, adopté en septembre 2024, appelle à ouvrir des négociations sur la réforme du Conseil de Sécurité et sur l'architecture de la paix. C'est ici que se situe, selon Ezzeddine Zayani, le véritable nœud du débat. Comment réformer un Conseil composé de quinze membres, dont cinq permanents disposant du droit de veto ? Les critiques sont nombreuses et convergentes : la composition actuelle reflète le monde de 1945 et non celui de 2026.

L'Afrique, qui accueille près de la moitié des opérations de paix, ne dispose d'aucun siège permanent. L'Asie, pourtant très peuplée, n'est représentée de façon permanente que par la Chine. Le droit de veto paralyse l'action de l'ONU face aux grandes crises contemporaines, à Gaza comme en Ukraine. Ezzeddine Zayani souligne que les réalités économiques, démographiques et géopolitiques de 2026 ne sont plus celles de 1945.

Antonio Guterres a réaffirmé sa position lors du sommet des BRICS tenu à New Delhi les 11 et 12 septembre 2026. Il a rappelé que les structures institutionnelles doivent impérativement s'adapter à ces nouvelles réalités. Ezzeddine Zayani revient sur la question budgétaire, plaidant pour une révision des contributions des États membres. Aujourd'hui, seuls dix pays financent à eux seuls 72 % du budget ordinaire.

Ezzeddine Zayani conclut en citant Ferid Belhaj, ancien vice-président de la Banque mondiale pour l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Ce dernier appelle le futur Secrétaire général à recentrer l'action onusienne sur la paix et la sécurité, condition sine qua non du développement. L'ONU a mieux résisté que son ancêtre, la Société des Nations, dissoute en 1946.

L'analyse d'Ezzeddine Zayani intervient dans un contexte où la Tunisie est également active à l'ONU. La Tunisie vise 62 % de réduction carbone d'ici 2035, selon Mohamed Ali Nafti. Le pays a également présenté sa feuille de route à l'ONU, concernant le Moyen-Orient, la migration et le climat.

Key points

  • L'ONU est-elle dépassée ou indispensable ?
  • Ezzeddine Zayani identifie trois chantiers parallèles pour réformer l'ONU.
  • La réforme du Conseil de Sécurité est au cœur du débat.

Share this story

Written by

SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.