La migration s'annonce comme un thème central de la prochaine présidentielle française. Récemment, Mathilde Panot, présidente du groupe La France Insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, a été invitée dans une émission télévisée pour présenter les grandes lignes de son parti sur ce sujet sensible. Elle a insisté sur l'importance d'accueillir les migrants de manière digne, en ouvrant des voies légales en collaboration avec les pays voisins et en révisant les accords migratoires actuels.
Selon LFI, il est crucial de briser ce qu'ils qualifient de « récit mensonger d'une invasion de clandestins » et de faciliter l'obtention de papiers pour les travailleurs, les étudiants et leurs familles. Le parti estime qu'une régularisation de 250 000 étrangers pourrait rapporter environ 3 milliards d'euros à la France. Par ailleurs, selon les données de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), la France compte aujourd'hui environ 8 millions de migrants, soit 12 % de sa population.
Les statistiques révèlent que la moitié des migrants en France, soit 4 millions, sont originaires de pays africains tels que l'Algérie, la Tunisie et le Maroc. Un Africain sur trois vient en Europe pour travailler, tandis qu'un sur quatre vient pour étudier. Chaque année, entre 130 000 et 140 000 Africains s'installent légalement en France. Ces migrants cherchent à contribuer au pays en payant des impôts, en étudiant, en entreprenant des activités économiques et en occupant des postes vacants que les Français ne désirent pas prendre.
Cependant, s'installer légalement en France peut être coûteux pour les étrangers. Le processus d'obtention d'un visa et d'installation peut coûter au minimum entre 3 500 à 5 000 euros, auxquels s'ajoutent les frais de billets d'avion et de visa. Les experts conseillent aux Africains d'épargner au moins 6 000 à 10 000 euros pour couvrir les premiers mois de séjour. Par exemple, la location d'un petit studio de 25 m² en banlieue parisienne peut commencer à 800 euros par mois, auxquels s'ajoutent un dépôt de garantie équivalent à deux mois de loyer.
Outre les coûts de logement, les migrants doivent également faire face à des dépenses considérables pour la nourriture, l'assurance maladie, les transports, le téléphone et d'autres besoins essentiels. En 2026, ces dépenses sont estimées à 1 613 euros par mois. Même pour les Français, ces coûts deviennent de plus en plus insupportables. Selon un sondage Elabe, 80 % des Français ont réduit leurs dépenses en nourriture et en carburant, et 88 % ont modifié leurs habitudes pour faire des économies.
L'entrée illégale en France peut également être très coûteuse. La traversée de la mer en bateau jusqu'en Espagne peut coûter environ 760 euros, suivie de la traversée de la frontière interne de l'UE. Alternativement, les migrants peuvent opter pour un canot rapide depuis l'Algérie ou la Libye, ce qui peut coûter entre 5 000 à 9 000 euros par personne. Les migrants d'Afrique de l'Est peuvent rejoindre Mayotte, un département d'outre-mer français, pour 5 500 à 7 000 euros.
La question de l'immigration est sensible en France, avec 72 % des Français qui souhaitent une réduction des dépenses publiques consacrées aux migrants. Chaque année, l'État consacre environ 2 milliards d'euros à la prise en charge des migrants. Les propositions de LFI et d'autres partis sur la migration seront certainement au cœur des débats lors de la prochaine présidentielle, avec des implications significatives pour l'avenir de la politique migratoire en France.
Key points
- La migration est un sujet clé de la présidentielle française.
- LFI propose d'accueillir les migrants de manière digne et de faciliter leur intégration.
- Les coûts d'installation en France, tant pour les migrants légaux qu'illégaux, sont très élevés.