Des gangs armés ont enlevé plus de 80 personnes, principalement des femmes, lors de deux attaques distinctes samedi et dimanche dans le nord du Nigeria. Les attaques ont eu lieu dans les États du Niger et de Zamfara, selon des rapports sécuritaires consultés par l'AFP et plusieurs habitants locaux. Les gangs armés, appelés « bandits », terrorisent les communautés rurales du nord-ouest et du centre du Nigeria depuis des années.

Samedi, au moins 47 agriculteurs, dont de nombreuses femmes, ont été enlevés par des gangs armés alors qu'ils récoltaient des arachides dans leurs exploitations dans l'État du Niger. Les 47 captifs seraient détenus dans la forêt de Ma'undu et les bandits « n'ont pas encore contacté les familles ni exigé de rançon », selon une source locale. L'attaque a été confirmée dans un rapport sécuritaire préparé pour des organisations humanitaires consultées par l'AFP.

Dimanche, des hommes armés ont enlevé 40 femmes à Yargada, dans la circonscription de Gusau, dans l'État de Zamfara, selon un rapport sécuritaire préparé pour l'ONU et consulté par l'AFP. Les bandits ont également incendié des maisons et des véhicules et enlevé des dizaines de personnes, principalement des femmes et des enfants, selon Umar Abdullahi, un résident de Magami.

Les enlèvements sont devenus une source de revenus essentiels pour les groupes criminels dans le pays le plus peuplé d'Afrique, en particulier pour les jihadistes et les gangs armés de « bandits ». Ces gangs, motivés par les gains financiers plutôt qu'une idéologie, collaborent parfois avec les jihadistes qui se sont répandus depuis leurs bastions du Nord-Est.

Quelque 7,78 milliards de nairas (5,8 millions de dollars) de rançon ont été versés à ces groupes entre juillet 2025 et juin 2026, soit plus du triple des 2,56 milliards de nairas payés sur la même période l'année précédente, indique le rapport du cabinet de conseil SBM Intelligence, basé à Lagos. Au moins 7.825 personnes ont alors été enlevées, soit 66% de plus qu'à la même période l'an dernier.

L'insécurité et l'économie sont au cœur de la campagne présidentielle qui vient de démarrer au Nigeria. En janvier prochain, le président Bola Tinubu briguera un deuxième mandat. Les attaques de ces gangs armés ont lieu dans un contexte de grande instabilité dans le nord du Nigeria, où les communautés rurales sont régulièrement victimes de raids sanglants.

Les autorités nigérianes sont sous pression pour mettre fin à ces enlèvements et assurer la sécurité des populations. Les États-Unis et d'autres pays ont déjà condamné ces attaques et exhorté le gouvernement nigérian à prendre des mesures pour protéger les citoyens. Les familles des victimes attendent avec anxiété des nouvelles de leurs proches et espèrent une intervention rapide des autorités pour les libérer.

Key points

  • Plus de 80 personnes, principalement des femmes, ont été enlevées par des gangs armés au Nigeria.
  • Les enlèvements sont devenus une source de revenus essentiels pour les groupes criminels au Nigeria.
  • Les autorités nigérianes sont sous pression pour mettre fin à ces enlèvements et assurer la sécurité des populations.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.