Le Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées a annoncé, le 2 novembre 2026, la suspension du système du tiers payant pour les assurés de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), à compter du 1er novembre 2026. Cette décision fait suite au non-respect persistant des engagements contractuels de la Caisse et à l'absence de solutions concrètes pour garantir la continuité de ce service. Les assurés devront désormais avancer le prix intégral des médicaments.

Cette suspension n'a rien d'exceptionnel, car le scénario se répète presque chaque fin d'année. Les retards de paiement s'accumulent, un ultimatum est lancé, le tiers payant est suspendu, puis des concertations aboutissent à des promesses d'échelonnement des arriérés qui ne sont pas tenues. Les créances gonflent jusqu'à la prochaine rupture, et la confiance entre les partenaires s'érode. Le syndicat dénonce également la pression fiscale sur les officines et le défaut d'encadrement des activités non réglementées.

L'enjeu est plus large et tient à la situation financière de la protection sociale, en particulier la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) et la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (Cnrps), confrontées à des déficits chroniques. Par effet domino, la Cnam, qui dépend de leurs équilibres, accumule les dettes. Celles-ci dépasseraient 200 millions de dinars envers les pharmacies, et près de la moitié des officines seraient menacées de faillite.

Les déficits sont attribués au vieillissement démographique, à la pression sur l'emploi formel et à la flambée des dépenses de santé. Cette question n'est pas nouvelle et avait été abordée en janvier 2026 par le Président de la République et le ministre des Affaires sociales. Le Chef de l'État avait alors demandé des solutions urgentes pour assurer la couverture santé de tous les assurés, quel que soit leur régime.

Selon les experts, cette situation tient à des facteurs structurels, notamment l'économie informelle, qui emploie des personnes non affiliées à la protection sociale, plutôt qu'à une mauvaise gestion. Les accords ponctuels resteront des palliatifs tant qu'une réforme de fond du financement, de la gouvernance et de l'apurement des dettes ne sera pas engagée.

Les pharmaciens continueront d'encaisser le choc de trésorerie, et les assurés d'en payer le prix. Le syndicat avait fixé à la fin de la semaine pour trouver un règlement, mais les démarches n'ont pas abouti, malgré un avertissement dès le 19 octobre. L'Instance nationale élargie du Syndicat avait pourtant prévu de trouver une solution.

La situation est préoccupante, car la crise cyclique du tiers payant affecte directement les assurés et les pharmacies privées. Les autorités doivent prendre des mesures pour résoudre ce problème et garantir la continuité du service de tiers payant. Les négociations entre les parties prenantes sont cruciales pour trouver une solution durable.

Key points

  • Les pharmacies privées tunisiennes suspendent le système du tiers payant pour les assurés de la Caisse nationale d'assurance maladie.
  • La crise cyclique du tiers payant est due à des facteurs structurels, notamment l'économie informelle et le vieillissement démographique.
  • Les autorités doivent prendre des mesures pour résoudre ce problème et garantir la continuité du service de tiers payant.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.