Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a plaidé mardi 22 septembre à New York pour une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies. Devant la 81e Assemblée générale des Nations unies, il a relié l'absence de membre permanent africain à la période durant laquelle les institutions internationales actuelles ont été établies. Guterres a rappelé qu'une grande partie du continent était encore sous domination coloniale lors de la création de l'ONU en 1945.

Le Conseil de sécurité réunit 15 États, dont cinq pays disposent d'un siège permanent : la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie. Ces derniers peuvent exercer leur droit de veto. Les dix autres membres sont élus par l'Assemblée générale pour deux ans. Cette répartition remonte à la création de l'organisation après la Seconde Guerre mondiale, période à laquelle une grande partie des territoires africains n'avaient pas encore obtenu leur indépendance.

Guterres estime que la composition actuelle du Conseil ne correspond plus aux réalités politiques et démographiques du XXIe siècle. Il a déclaré qu'un Conseil de sécurité du XXIe siècle sans sièges permanents africains est injuste et indéfendable. Le secrétaire général avait déjà exprimé cette opinion en 2024, expliquant que les institutions internationales avaient été façonnées à une époque où de nombreux peuples africains étaient encore soumis à la colonisation.

L'Union africaine demande deux sièges permanents pour le continent, ainsi que cinq membres élus. La question du veto fait également partie de cette position. L'Union africaine défend en priorité la suppression de ce mécanisme. Tant qu'il reste en vigueur, elle demande toutefois que les futurs membres permanents africains puissent exercer des pouvoirs équivalents à ceux des cinq États qui possèdent actuellement ce statut.

Les États africains disposent depuis 2005 d'une position commune sur la réforme du Conseil, définie principalement par le Consensus d'Ezulwini et la Déclaration de Syrte. L'Afrique occupe déjà des sièges non permanents au Conseil, attribués à différents pays du continent pour des mandats de deux ans, sans possibilité d'utiliser le veto. La revendication portée depuis plus de vingt ans vise principalement à obtenir une présence permanente dans l'organe chargé par la Charte de la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Une modification de la Charte des Nations unies est nécessaire pour élargir le Conseil. Cela nécessite une modification de la Charte et dépend directement des États membres. Une réforme de cette nature doit recueillir les deux tiers des voix de l'Assemblée générale et être ratifiée par les deux tiers des États membres, parmi lesquels doivent obligatoirement figurer les cinq membres permanents du Conseil.

Key points

  • Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a défendu l'octroi d'une représentation permanente à l'Afrique au Conseil de sécurité.
  • L'Union africaine demande deux sièges permanents pour le continent, ainsi que cinq membres élus.
  • Une modification de la Charte des Nations unies est nécessaire pour élargir le Conseil.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.