L'armée malienne a annoncé mardi avoir lancé des opérations aéroterrestres d'envergure dans la région de Kidal, avec comme objectif de neutraliser les groupes armés terroristes opérant dans toute la région et restaurer la sécurité des populations et la libre circulation des personnes et des biens. Cette opération a permis à l'armée de reprendre le contrôle de la ville stratégique de Kidal, qui avait été désertée par les rebelles touareg.
La reprise de Kidal représente une victoire pour l'armée malienne, qui en avait été chassée en avril par le Front de libération de l'Azawad (FLA) et ses alliés jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Cette perte de Kidal avait constitué un véritable camouflet pour les forces armées maliennes, survenue lors d'attaques d'ampleur et coordonnées contre des positions de la junte et de l'armée dans plusieurs villes.
Le FLA a annoncé mardi opérer un "repli stratégique et maîtrisé de ses forces" de Kidal, pour "préserver des vies humaines". Le commandement militaire du FLA a décidé de procéder à un repli stratégique de la localité de Kidal, en raison des risques croissants pesant sur les rares populations civiles encore présentes dans la ville par l'utilisation disproportionnée de vecteurs aériens par les mercenaires russes de l'Africa Corps et la junte militaire de Bamako.
La reprise de Kidal par l'armée mardi s'est déroulée sans combats. Un officier de l'état-major a déclaré que l'armée était arrivée à Kidal plus tôt que prévu. Un autre officier de l'armée a indiqué que le convoi parti de la ville d'Anefis ce matin est entré à Kidal peu avant 13 heures.
Selon plusieurs sources contactées, la ville de Kidal est actuellement largement vidée de ses habitants. Un chef de famille, ayant quitté Kidal lundi avec ses proches, a confirmé mardi que Kidal était désertée.
Cette annonce de reprise de Kidal intervient après une série de revers pour l'armée malienne, notamment la mort de 100 militaires, tués le 10 septembre lors d'une attaque jihadiste d'ampleur contre le camp militaire de Dioura.
Depuis 2012, le Mali fait face à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes, de leurs alliés du FLA et de groupes criminels communautaires. Le pays est dirigé par une junte qui s'est rapprochée de la Russie et dont les paramilitaires du groupe Africa Corps l'aident dans sa lutte antijihadiste.
Key points
- L'armée malienne a repris le contrôle de la ville stratégique de Kidal.
- La reprise de Kidal a été permise par l'appui des paramilitaires russes de Africa Corps.
- La ville de Kidal est actuellement largement vidée de ses habitants.