L'armée malienne a repris mardi le contrôle de la ville stratégique de Kidal, désertée par les rebelles touareg qui ont effectué "un repli stratégique". Cette reprise de Kidal, bastion de la rébellion, représente une victoire pour l'armée malienne, qui en avait été chassée en avril par le Front de libération de l'Azawad (FLA) et ses alliés jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda.

Cette perte de Kidal avait à l'époque constitué un véritable camouflet pour les forces armées maliennes, survenue lors d'attaques d'ampleur et coordonnées contre des positions de la junte et de l'armée dans plusieurs villes, y compris aux abords de Bamako. Depuis 2012, le Mali fait face à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes, de leurs alliés du FLA et de groupes criminels communautaires.

Mardi, l'armée malienne avait annoncé avoir lancé des "opérations aéroterrestres d'envergure" dans la région de Kidal, avec comme objectif notamment "de neutraliser les groupes armés terroristes opérant dans toute la région" et restaurer "la sécurité des populations et la libre circulation des personnes et des biens". Face à cette annonce d'opérations d'ampleur, le FLA a annoncé mardi de son côté opérer un "repli stratégique et maîtrisé de ses forces" de Kidal, pour "préserver des vies humaines".

Le FLA a expliqué qu'il "s'agit d'une mesure opérationnelle temporaire, destinée à préserver intactes ses capacités humaines et logistiques". La reprise de Kidal par l'armée mardi s'est donc déroulée sans combats. "Nous venons d'arriver à Kidal plus tôt que prévu", a ainsi déclaré un officier de l'état-major.

Un autre officier de l'armée a indiqué que le "convoi parti de (la ville d') Anefis ce matin est entré à Kidal peu avant 13 heures" (locales et GMT). Selon plusieurs sources contactées, la ville de Kidal est actuellement largement vidée de ses habitants. Un chef de famille, ayant quitté Kidal lundi avec ses proches, a confirmé mardi que Kidal était désertée: "Il n'y a plus un chat" dans la ville.

Cette annonce de reprise de Kidal intervient après une série de revers pour l'armée malienne, notamment la mort de 100 militaires, tués le 10 septembre lors d'une attaque jihadiste d'ampleur contre le camp militaire de Dioura (centre). La situation sécuritaire au Mali reste critique, avec des groupes jihadistes et des groupes armés qui continuent de sévir dans le pays.

Les autorités maliennes ont salué la reprise de Kidal, qui constitue un pas important vers la restauration de la sécurité et de la stabilité dans le pays. L'armée malienne a souligné que cette opération s'inscrit dans le cadre de ses efforts pour neutraliser les groupes armés terroristes et protéger les populations.

Key points

  • L'armée malienne a repris le contrôle de Kidal après le retrait des rebelles touareg du Front de libération de l'Azawad.
  • La reprise de Kidal constitue une victoire pour l'armée malienne, qui avait été chassée de la ville en avril.
  • La situation sécuritaire au Mali reste critique, avec des groupes jihadistes et des groupes armés qui continuent de sévir dans le pays.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.