Le gouvernement britannique envisage de revoir l'accord sur les Chagos après les critiques formulées par Donald Trump. L'accord, signé le 22 mai 2025 par Maurice et le Royaume-Uni, prévoit le transfert de la souveraineté de l'archipel des Chagos à Maurice, y compris Diego Garcia, en échange de droits et pouvoirs pour le fonctionnement de la base militaire de Diego Garcia.
Le président américain a qualifié l'accord de "terrible deal" lors de sa rencontre avec le Premier ministre britannique, Andy Burnham, à New York, en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies. Donald Trump a contesté le principe même du transfert de souveraineté des Chagos à Maurice, tout en insistant sur l'importance stratégique de Diego Garcia.
Le traité prévoit un paiement annuel de £165 millions pendant les trois premières années, puis £120 millions par an pour les années suivantes, avec une indexation à partir de la 14e année. Il prévoit également £45 millions par an pendant 25 ans pour des projets de développement, ainsi qu'un fonds de £40 millions destiné aux Chagossiens.
Le ministre britannique de la Défense, Wes Streeting, a indiqué que les paiements prévus en faveur de Maurice étaient suspendus "à ce stade". Il a déclaré que l'accord, dans sa forme actuelle, ne peut pas aller de l'avant sans le soutien américain. Londres doit parvenir à une formule qui puisse obtenir l'adhésion des États-Unis, de Maurice et du Royaume-Uni.
Le Premier ministre mauricien, Navin Ramgoolam, a confirmé qu'il privilégiait la diplomatie et une approche de "Quiet Diplomacy". Il a indiqué qu'il se rendrait prochainement à Londres pour des rencontres avec Jonathan Powell, conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre britannique, ainsi qu'avec d'autres interlocuteurs.
Navin Ramgoolam a fixé une limite claire : "Notre souveraineté est non négociable". Cette position constitue le principal point de tension potentiel avec toute tentative de modification substantielle du traité. Si Londres cherche à répondre aux préoccupations de Washington, toute modification touchant au principe même du transfert de souveraineté se heurterait à la ligne rouge annoncée par Port-Louis.
Le ministre des Affaires étrangères, Ritish Ramful, devait donner la position mauricienne sur le dossier Chagos lors de son allocution à l'Assemblée générale des Nations Unies. Andy Burnham n'a pas annoncé l'abandon de l'accord et a indiqué que Londres continuerait à travailler avec les différentes parties afin de trouver une solution.
Key points
- Le gouvernement britannique envisage de revoir l'accord sur les Chagos.
- Maurice maintient sa ligne sur la souveraineté.
- L'accord sur les Chagos est suspendu à ce stade.