Plus de vingt ans après l'invasion américaine de l'Irak, les revenus pétroliers du pays continuent de transiter par le système financier américain. Cette relation financière, mise en place en 2003, est toujours au cœur des rapports entre les deux pays. Les autorités irakiennes ont créé le Development Fund for Iraq (DFI) pour centraliser les revenus provenant des exportations de pétrole et les utiliser pour les besoins du pays, notamment la reconstruction.
Le DFI a été placé auprès de la Federal Reserve Bank of New York, qui gère les fonds irakiens. La résolution 1483 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en mai 2003, a prévu que les revenus provenant des exportations irakiennes de pétrole et de gaz soient versés au fonds. Une partie des sommes est destinée aux réparations dues au Koweït après l'invasion irakienne de 1990.
Le Fonds de développement pour l'Irak a été créé pour protéger les revenus irakiens contre d'éventuelles saisies et poursuites liées aux dettes de l'ancien régime. Le Fonds monétaire international rappelle que le DFI était un compte de la Banque centrale d'Irak détenu auprès de la Fed de New York au nom du ministère irakien des Finances.
Le régime international mis en place en 2003 a pris fin en 2011, à la demande du gouvernement irakien. Cependant, la relation financière avec la Federal Reserve ne disparaît pas. Les revenus pétroliers en dollars continuent de passer par un compte de la Banque centrale d'Irak auprès de la Fed de New York.
Les États-Unis ont un pouvoir important sur la circulation et l'accès aux dollars irakiens, bien que les fonds restent des fonds irakiens et soient gérés par les autorités monétaires irakiennes. La question se pose : pourquoi l'Irak continue-t-il à utiliser ce système ? La réponse est complexe, car le pétrole irakien est vendu principalement en dollars et le dollar reste indispensable au commerce international du pays.
L'Irak a besoin du dollar pour payer une grande partie de ses importations et effectuer ses transactions internationales. Le maintien du compte à New York présente certains avantages en matière de protection des actifs. Des économistes irakiens soulignent que cette architecture protège les revenus pétroliers contre certaines réclamations de créanciers liées à l'ancien régime et facilite les transactions internationales.
Le pétrole représente environ 90% des recettes de l'État irakien, selon Reuters. Toute perturbation du circuit financier permettant à Bagdad d'accéder aux revenus de ses exportations peut avoir des conséquences beaucoup plus larges sur les finances publiques et la stabilité économique du pays.
Key points
- Le contrôle américain sur l'accès aux dollars devient un instrument de pression contre l'Iran.
- Les revenus pétroliers irakiens transitent par le système financier américain depuis 2003.
- Le pétrole représente 90% des recettes de l'État irakien.