Les rendements des obligations d’État canadiennes ont augmenté lundi 28 septembre, dans le sillage d’une nouvelle remontée des taux obligataires mondiaux. Le rendement de référence à 10 ans a gagné 5,6 points de base, à 3,981 %, tandis que celui à 2 ans s’est établi à 3,390 %. L’écart entre les deux maturités atteint ainsi environ 59 points de base. Cette progression des rendements intervient parallèlement à la remontée des prix du pétrole.
La hausse des rendements ne semble pas liée uniquement à des facteurs propres à l’économie canadienne, mais s’inscrit dans une remontée plus large du coût du financement. Les investisseurs réévaluent les perspectives d’inflation, de croissance et de politique monétaire dans plusieurs grandes économies. Le marché obligataire américain donne une indication de l’ampleur du phénomène, avec un rendement du Treasury américain à 10 ans qui a récemment dépassé 5,19 %.
Le rendement du Treasury américain à 30 ans a atteint environ 5,48 %, son niveau le plus élevé depuis 2004. Cette remontée des rendements américains exerce mécaniquement une pression sur les marchés obligataires des autres grandes économies, notamment lorsque les investisseurs réévaluent la rémunération exigée pour détenir des obligations à long terme. Les difficultés des négociations entre les États-Unis et l’Iran ont ravivé les inquiétudes concernant une perturbation prolongée de l’approvisionnement énergétique mondial.
Une hausse durable du pétrole peut alimenter les anticipations d’inflation et compliquer la tâche des banques centrales, qui doivent arbitrer entre le risque d’un ralentissement économique et la nécessité de maintenir une politique monétaire suffisamment restrictive. La progression des rendements à long terme contribue à accentuer la pente de la courbe des taux. Le rendement à 10 ans se situe désormais environ 59 points de base au-dessus de celui à deux ans.
Cette évolution traduit notamment l’importance croissante de la prime de terme mondiale dans la formation des taux longs. Les investisseurs intègrent également les risques liés à l’inflation, aux perspectives de croissance et aux besoins de financement des États. Le rendement canadien à 10 ans était encore proche de 3,83 % le 22 septembre, avant d’atteindre environ 4 % le 24 septembre.
La remontée des rendements obligataires n’est pas sans conséquences pour les marchés actions. Les secteurs particulièrement sensibles au coût du crédit, comme l’immobilier et les services aux collectivités, peuvent subir une pression accrue lorsque les taux à long terme augmentent. Les entreprises fortement endettées sont également exposées à un renchérissement de leur refinancement.
La Bourse de Toronto a déjà été affectée par la récente remontée des rendements mondiaux. Le principal indice canadien, le S&P/TSX Composite, avait reculé de 0,1 % le 24 septembre, pénalisé notamment par les valeurs minières dans un contexte de forte volatilité des marchés obligataires. Les banques centrales sont sous pression, car le choc pétrolier risque de soutenir l’inflation alors même que les coûts de financement augmentent et que la croissance mondiale reste exposée aux tensions géopolitiques.
Key points
- Les rendements des obligations d’État canadiennes ont progressé lundi 28 septembre.
- La remontée des rendements obligataires n’est pas sans conséquences pour les marchés actions.
- Les banques centrales sont sous pression en raison du choc pétrolier et de la hausse des coûts de financement.