Les partis arabes israéliens ont remporté 19 sièges aux dernières législatives israéliennes, selon les résultats annoncés. Ces élus sont issus de deux pôles : la Liste commune et Ra'am, qui représentent les différentes sensibilités politiques présentes au sein de la communauté des "Arabes israéliens". Cette communauté est composée des descendants des Palestiniens restés en Israël après la création de l'Etat hébreu en 1948. Les partis arabes israéliens sont considérés comme des "faiseurs de rois" potentiels dans les négociations pour former une majorité viable.

La Liste commune a été reconstituée par un accord du 19 août 2026. Elle est composée de trois partis : Hadash, Ta'al et Balad. Yousef Jabareen, président de Hadash et député de 2015 à 2021, dirige la liste depuis sa désignation en mai 2026. Ahmad Tibi, dirigeant de Ta'al, occupe la deuxième place. La liste œuvre pour l'égalité civile et la question nationale palestinienne. Elle refuse d'entrer dans un gouvernement Gadi Eisenkot, mais n'exclut pas de le soutenir de l'extérieur.

La Liste commune est un pôle démocratique progressiste. Hadash, issu du Parti communiste, réunit Arabes et Juifs sur un programme de gauche. Ta'al défend avant tout les droits des citoyens palestiniens d'Israël. Balad, nationaliste arabe, réclame un État de tous ses citoyens à égalité de droits. La liste place en tête la lutte contre la criminalité dans les localités arabes, l'augmentation des budgets et des opportunités pour ces localités, et la reprise des négociations vers un État palestinien.

Le second pôle est représenté par Ra'am, parti de sensibilité islamique conservatrice présidé par Mansour Abbas. Le parti a quitté la Liste commune en janvier 2021 pour des désaccords idéologiques. Ra'am est un parti pragmatique centré sur les besoins des localités arabes. Il se dit prêt à entrer dans une coalition Eisenkot si elle est viable. Sa ligne est celle des revendications concrètes : budgets, services, sécurité des localités arabes, dans un contexte de forte criminalité.

La campagne pour les législatives du 27 octobre a été précédée d'une tentative d'exclusion visant les deux listes. La Cour suprême les a réadmises le 2 octobre, à l'unanimité. Les résultats annoncés montrent que les partis arabes israéliens sont des "faiseurs de rois" potentiels. Aucun des deux blocs sionistes ne dispose de 61 sièges. Additionnés aux 48 sièges du bloc Eisenkot, les 19 sièges arabes donneraient 66 ou 67 mandats, une majorité confortable.

Cependant, Eisenkot ayant exclu pendant la campagne de s'appuyer sur les partis arabes israéliens, sans eux, le bloc d'opposition reste loin du compte. Le bloc Netanyahu, avec environ 53 sièges, doit encore trouver sept à huit mandats. Les négociations actuelles visent à essayer de former une majorité viable. Il y a de fortes chances pour que Netanyahu parvienne à trouver les 7 sièges qui lui manquent pour se succéder à lui-même.

Les élus arabes israéliens sont considérés comme des acteurs clés dans les négociations pour former une majorité viable. Leurs votes pourraient avoir un impact significatif sur la formation du prochain gouvernement israélien. Les partis arabes israéliens ont déjà montré leur capacité à influencer les décisions politiques en Israël. Leur rôle dans les négociations à venir sera crucial pour déterminer l'orientation politique du pays.

Key points

  • Les partis arabes israéliens remportent 19 sièges aux législatives israéliennes
  • La Liste commune et Ra'am sont les deux pôles représentatifs des différentes sensibilités politiques présentes au sein de la communauté des "Arabes israéliens"
  • Les élus arabes israéliens sont considérés comme des "faiseurs de rois" potentiels dans les négociations pour former une majorité viable

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.