Le 15 septembre 1935, les lois de Nuremberg ont été proclamées en Allemagne, marquant une étape cruciale dans la séparation des Juifs et des citoyens allemands. Ces lois, votées presque à l'unanimité par le Reichstag, comprenaient la loi sur le drapeau du Reich, la loi sur la citoyenneté du Reich et la loi sur la protection du sang allemand et de l'honneur allemand. Publiées le 16 septembre, elles ont défini strictement les termes de la citoyenneté allemande et ont parachevé les mesures déjà entamées en 1933 contre les populations juives d'Allemagne.
Les lois de Nuremberg ont été l'expression de l'antisémitisme et du racisme inhérents à la doctrine hitlérienne. Elles ont établi un « statut juif » juridiquement exclu de la société allemande, interdisant les mariages et les rapports sexuels entre Juifs et Allemands, par crainte de « souillure de la race aryenne ». Les Juifs ont été petit à petit effacés de la vie publique, alors que les actes de violence envers eux se sont multipliés. Le journaliste et écrivain allemand Georg Bernhard, réfugié en France depuis 1933, a alerté du danger de ces lois dans un article publié dans Le Droit de vivre.
Georg Bernhard a souligné que les lois de Nuremberg n'étaient pas uniquement dirigées contre les Juifs, mais qu'elles témoignaient de la véritable brutalité d'un régime hitlérien qui ne comptait pas s'arrêter à l'Allemagne. Il a mis en garde contre la menace que ces lois faisaient peser sur les droits de l'homme et sur la liberté individuelle. Selon lui, les droits de l'homme formaient un ensemble qu'on ne pouvait diviser et dont on ne pouvait enlever la moindre petite pierre sans courir le danger que le bâtiment s'écroule.
La première des deux lois a partagé en deux le droit de citoyen allemand. À l'avenir, sera toujours citoyen celui qui est né en Allemagne, mais le droit de citoyen seul ne donnera pas tous les droits politiques. Pour cela, il faudra être « citoyen du Reich », ce qui nécessitera d'obtenir le brevet de citoyen allemand. Seuls les Aryens pourront être citoyens du Reich, tandis que les Juifs et les non-Juifs ayant moins de 25 % de sang allemand seront exclus de tous les droits politiques principaux de l'Empire allemand.
Les conséquences des lois de Nuremberg ne se limiteront pas aux Juifs, mais auront également un impact sur un nombre considérable d'Allemands non-Juifs aryens. Il sera désormais impossible pour un Juif d'exercer certaines professions, comme celles d'avocat ou de médecin. Les décrets-lois publiés récemment par le IIIe Reich ont déjà interdit l'exercice de leur métier à tous les Juifs encore en fonction, condamnant ainsi une large catégorie de Juifs au chômage.
Georg Bernhard a souligné que l'attitude des Juifs allemands s'expliquait par une pieuse tromperie envers eux-mêmes et par la peur d'autres persécutions. Il a également critiqué les Juifs étrangers qui profitaient volontiers de toutes les occasions pour supprimer la preuve de la solidarité juive. Selon lui, il est impossible de lutter contre l'antisémitisme en en parlant le moins possible.
Les lois de Nuremberg resteront dans l'histoire comme un symbole de la folie raciste allemande et de la brutalité du régime hitlérien. Elles auront des conséquences dévastatrices pour les Juifs et pour l'Allemagne, et serviront de rappel à l'importance de la défense des droits de l'homme et de la liberté individuelle.
Key points
- Les lois de Nuremberg ont été proclamées le 15 septembre 1935 pour séparer définitivement les Juifs et les citoyens allemands.
- Les lois de Nuremberg ont établi un « statut juif » juridiquement exclu de la société allemande.
- Les conséquences des lois de Nuremberg ne se limiteront pas aux Juifs, mais auront également un impact sur un nombre considérable d'Allemands non-Juifs aryens.