Selon le rapport Sending Money Home publié par le Fonds international pour le développement de l'agriculture (Fida), les entrées de transferts de fonds effectués par les diasporas ont presque doublé en 10 ans, passant de 375,6 milliards $ en 2016 à 728,6 milliards $ en 2025. Ce montant est supérieur à l'aide officielle et à l'investissement direct étranger. Les transferts de fonds aident les ménages dans les pays d'origine à satisfaire leurs besoins essentiels et à renforcer leur résilience économique.

Le rapport du Fida montre que l'Asie a reçu plus de la moitié de ces fonds, suivie de l'Amérique latine et de l'Afrique. Cinq pays ont reçu près de la moitié de tous les envois de fonds, dont l'Inde, le Mexique, les Philippines, l'Égypte et le Pakistan. Ensemble, ces pays ont reçu 338,7 milliards $, soit près de 47 % de toutes les entrées enregistrées dans les pays couverts par le rapport.

En Afrique, les transferts de fonds ont presque doublé, atteignant 124,2 milliards $ en 2025, soit une augmentation de 86 % sur la décennie 2016-2025. L'Égypte est le premier pays récipiendaire, suivie du Nigéria, du Maroc, de l'Éthiopie et du Kenya. L'Algérie a reçu 1,79 milliard $ avec une baisse de 10 % sur la décennie.

Selon l'économiste Brahim Guendouzi, la faiblesse des envois de fonds de la diaspora algérienne s'explique par le fait que l'économie algérienne a toujours compté sur ses recettes d'exportation des hydrocarbures. De plus, l'existence d'un marché informel de devises et l'écart important entre le taux de change officiel et celui du marché informel incitent les ressortissants à faire passer leurs devises par des circuits informels.

Le secteur bancaire algérien peine à faire admettre les solutions digitales de paiements aux acteurs économiques. Les transferts internationaux instantanés et les services de FinTech/Mobile Money sont moins intégrés qu'en Égypte ou en Tunisie. La réglementation rigide sur la détention et la libre circulation des devises crée une certaine défiance vis-à-vis des banques.

La diaspora algérienne, principalement installée en Europe et au Canada, est composée d'immigration d'installation de longue durée. Une part importante de son épargne reste investie ou consommée dans le pays d'accueil. Les flux informels de devises ne sont pas comptabilisés dans les statistiques officielles de la Banque mondiale ou de la Banque d'Algérie.

En conclusion, les envois de fonds de la diaspora algérienne sont faibles en raison de plusieurs facteurs, notamment l'économie informelle, la réglementation bancaire et la composition de la diaspora. Il est important de prendre en compte ces facteurs pour comprendre les enjeux liés aux transferts de fonds et leur impact sur l'économie algérienne.

Key points

  • L'Algérie a reçu 1,799 milliard $ en 2025, avec une baisse de 10 % sur la décennie.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.